Votre chien sait-il nager ?


  • Votre chien sait-il nager ?Photo : Shutterstock
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    En été, la mer, le soleil, la plage, les jeux… difficile de résister à la tentation d’un bon bain avec son chien. Mais contrairement aux idées reçues, l’eau n’est pas un élément où tous les chiens et toutes les races se sentent parfaitement à l’aise…

    Si certains chiens sont très à l’aise avec l’eau et adorent cet élément dans lequel ils plongent à la moindre occasion, d’autres sont beaucoup moins attirés et quelques-uns en ont carrément peur.

    C’est pourquoi avant de précipiter son chien dans la mer à peine débarqué sur son lieu de vacances, mieux vaut s’être assuré que l’élément liquide ne lui pose pas de problème et qu’il aime y évoluer.

    « Physiquement, il n’y a pas vraiment de chien qui n’est pas potentiellement bon nageur, prévient Nicolas Cornier, éducateur canin, au sens que tous savent spontanément nager “petit chien” sauf si il leur manque une patte! Ils peuvent donc rester à flot, d’un point de vue purement mécanique, sur une distance relative. »

    Shutterstock Certaines races sont sélectionnées pour être à l'aise dans l'eau, comme le labrador…

    Ce qui a son importance, c’est l’aspect culturel et inné de la propension d’un chien à aller dans l’eau et à l’apprécier. La sélection a, par exemple, favorisé l’attirance pour l’eau chez certaines races, comme le labrador ou le terre-neuve, et défavorisé d’autres comme les bouledogues français et anglais ou les carlins. « Ces races sont physiquement disproportionnées, poursuit l’éducateur canin, leur avant-main est plus dense et plus forte que leur arrière-train. Quand ils nagent, ils doivent donc appliquer une dynamique différente pour ajuster cet écart. Cela les fatigue plus que des chiens physiquement plus équilibrés. Mais ils peuvent aimer l’eau tout autant que des races dites d’eau.»

    Une première expérience déterminante

    Ensuite, c’est la première expérience de mise à l’eau qui va déterminer l’attirance et le côté à l’aise dans l’élément liquide. «On ne jette jamais un chien à l’eau directement, prévient Nicolas Cornier. Entrer dans l’eau, cela doit toujours être la décision du chien! L’idéal, pour commencer, c’est de lui proposer de traverser un petit gué, où il a pied, de suivre un autre chien qui a de l’expérience. Cela ne sert à rien de le motiver par une balle ou autre chose. Cela doit rester un non-événement, une péripétie normale de sa vie de chien.»

    Shutterstock A un jeune âge, échelonnez la difficulté. Une petite flaque, c'est bien pour commencer…

    Quand il s’agit d’un chiot, notre professionnel recommande de ne pas être trop pressé. «Il faut le dégourdir avec d’autres choses avant, des expériences moins fortes qu’une mise à l’eau directe! On peut lui proposer de jouer avec une grande gamelle d’eau, une flaque, invite l’éducateur, il ira ensuite tout naturellement vers le grand bain!»

     

    Les dangers de la noyade
    Chaque année, des chiens se noient, que cela soit en piscine ou en milieu naturel. Pour Nicolas Cornier, éducateur canin, il y a trois raisons à cela :
    Le chien qui est physiquement peu apte à la nage. « Celui qui doit physiquement compenser, rééquilibrer un déséquilibre physique, comme les bouledogues anglais et français ou les carlins. Ils se fatiguent du coup plus vite et leur épuisement, si on n’y fait pas attention, peut les conduire à l’effet “bouchon” et les faire couler ».
    • Le chien obsédé par l’eau et le gibier. « Il faut se méfier des chiens qui aiment trop l’eau, prévient l’éducateur canin, ils peuvent aller loin, poursuivre un canard et s’éloigner sans pouvoir revenir ou au prix d’un grand épuisement qui peut leur être fatal. »
    • Le chien qui rencontre un obstacle qui lui barre l’accès à une sortie de l’eau. C’est le cas typiquement des piscines où l’accès au rebord n’est pas possible pour le chien (une échelle au lieu de marches par exemple), une bâche qui recouvre l’eau et sous laquelle le chien qui est tombé ne parvient pas à regagner la surface. C’est le cas aussi de la baignade en canal où la rive est abrupte et la terre ferme pas accessible. « Mais c’est aussi le cas dans une rivière ou un étang, poursuit l’éducateur canin. Souvent, des enchevêtrements de branchages barrent l’accès à la rive. Comme le chien ne peut pas nager en arrière, il se prend dans les branches, panique et se noie. C’est plus courant qu’on ne le croit. Il faut être vigilant. »