Parc animalier d’auvergne : pour la préservation des espèces


  • Parc animalier d’auvergne : pour la préservation des espècesPhoto : Parc animalier d'Auvergne
  • Faune sauvage

    Ce zoo en plein cœur du Puy-de-Dôme a fait peau neuve pour remplir au mieux sa mission de préservation des espèces menacées et de sensibilisation des visiteurs, les deux principaux axes de développement de tous les parcs animaliers modernes.

    « Un parc zoologique doit avoir une raison d’exister », affirme Pascal Damois, copropriétaire du parc animalier d’Auvergne, en préambule de la visite des lieux. Avec son associé, Rémy Gaillot, il a racheté en 2012 ce parc de 26 hectares, qui s’appelait, lors de sa création en 1984, le zoo du Cézallier. Ces deux entrepreneurs dans l’âme ont quitté leurs entreprises respectives, l’une d’objets et textiles publicitaires, l’autre de décoration d’hôtel, et la région parisienne pour se lancer dans une aventure peu commune. En rachetant ce zoo du parc naturel régional des volcans d’Auvergne, l’objectif de ces deux nouveaux venus dans le monde animalier était clair : « participer à la conservation d’espèces en voie de disparition. C’est notre principale raison d’être, souligne Pascal Damois. Un zoo aujourd’hui ne peut plus se contenter d’être un espace de loisir, présentant des animaux que l’ont peut croiser en liberté dans la nature. Nous devons essayer de sauver les espèces les plus en danger en jouant un rôle de gardien du patrimoine animalier. On croit vraiment que cette mission est nécessaire. »

    Parc animalier d'AuvergneLes panthères des neiges font partie des espèces menacées faisant l'objet d'un EEP

    Travaux d’agrandissement et mixité des espèces

    Pour atteindre cet objectif de préservation des espèces, tout en garantissant le bien-être des animaux du parc, plusieurs modifications ont été nécessaires. Depuis 2013, plus de 7,5 millions d’euros ont été investis, selon les gérants, principalement pour agrandir et réaménager les enclos. Force est de constater, sur place, que les résultats sont là. Si quelques espaces demandent encore à être réaménagés, le parc dans son ensemble se fond dans l’incroyable nature environnante. En plus d’offrir plusieurs points de vue exceptionnels sur les montagnes avoisinantes et le plateau du Cézallier, il permet, de par sa géographie, de représenter trois écosystèmes de plaine, de forêt et de montagne, au bénéfice de chaque espèce selon ses particularités. Parmi les réaménagements les plus notables, l’enclos des panthères des neiges a presque doublé de surface dans un milieu rocheux tout en hauteur reproduisant l’espace naturel des félins. Culminant à 750 mètres d’altitude, le parc a aussi pu développer une thématique « sommets du monde » et accueillir des espèces telles que les takins (ressemblant aux gnous africains) et  les markhors (de grandes chèvres sauvages), toutes deux menacées dans leur environnement d’origine, l’Himalaya.

    Parc animalier d'AuvergneUn pudu dans le nouvel enclos sud-américain du parc animalier d'Auvergne

    Outre ces travaux d’agrandissement, le parc a misé sur la mixité des espèces, un concept de plus en plus adopté par les zoos pour permettre aux animaux de mieux exprimer leur comportement naturel, comme la défense du territoire, la découverte des odeurs, la peur ou bien encore la curiosité. Ainsi, nouveauté de 2017, les visiteurs peuvent observer, dans le nouvel enclos sud-américain, six espèces en mixité : tapirs du Brésil, coendous, saïmiris, pudus, capybaras et nandous.

    Préservation locale et mondiale

    Grâce à ces efforts, le parc animalier d’Auvergne a intégré en 2014 la très exigeante EAZA, l’association européenne des zoos et aquariums, qui coordonne notamment les reproductions ex situ, c’est-à-dire en captivité, des espèces les plus menacées. Sur les 53 espèces de faune sauvage du parc, 31 font l’objet de programmes européens pour les espèces menacées (EEP). « Nous faisons le choix des espèces à accueillir dans notre parc en fonction des EEP et de la liste rouge mondiale des espèces menacées de l’UICN », indique Pascal Damois. Le but étant de préserver des représentants des espèces les plus menacées, mais aussi, à terme, d’espérer les réintroduire dans leur milieu naturel.  Cependant, on sait que cette réintroduction est en réalité très difficile à atteindre. Non seulement parce que les espèces nées et élevées en captivité n’ont pas pu évoluer en fonction de leur milieu naturel et risquent d’y être mal adaptées, mais aussi parce que ces milieux naturels tendent à disparaître à cause du développement des activités humaines.

    Parc animalier d'AuvergneLe parc offre une vue exceptionnels sur les montagnes avoisinantes et le plateau du Cézallier 

    Il est donc essentiel d’agir directement sur le terrain. Pour le parc animalier d’Auvergne, cela se traduit par le développement des programmes de conservation in situ, c’est-à-dire directement sur les lieux d’habitation des espèces protégées. Le parc soutient ainsi, via sa propre fondation « Passerelle Conservation », plusieurs associations dans le monde, dont Snow Leopard Trust et Red Panda Network, mais aussi locales comme le Conservatoire d'espaces naturels d’Auvergne ou Chauve-Souris Auvergne. « On doit aussi être capables d’agir sur la préservation de notre biodiversité locale, sinon on manque de crédibilité », ne manque pas de souligner Pascal Damois.

    Mission d’éducation

    Parc animalier d'AuvergneLa parc offre la possibilité de nourrir les girafes, une expérience exceptionnelle 

    Afin de renforcer cette mission de préservation des espèces, le parc animalier d’Auvergne met également l’accent sur l’éducation pour sensibiliser les visiteurs, particulièrement les enfants, aux problématiques environnementales. Certains enclos, dits « en immersion », permettent ainsi d’approcher des bouquetins, chamois, cerfs, chamois, sikas et cinq espèces de lémuriens, tous en semi-liberté. Plusieurs activités pédagogiques sont aussi proposées, comme des nourrissages publics et commentés des animaux. L’expérience la plus magique reste celle du nourrissage privé, donnant la possibilité de donner soi-même à manger aux girafes, en présence du soigneur. Un véritable moment d’émerveillement, premier pas vers la protection de la nature et des animaux.

     

     


    Autres articles à lire

  • Le delta du Danube, paradis des oiseaux

    Faune sauvageGrand comme deux fois le Luxembourg, le delta du Danube, avec ses 400 lacs, ses 330 espèces d’oiseaux, ses 135 variétés de poissons et des mammifères comme la loutre ou le chien viverrin, est un haut lieu de la biodiversité mondiale, placé depuis 1991 sous l’égide de l’Unesco. Echappée belle.

    27 Août 2018
  • Coronavirus : le pangolin, chaînon manquant potentiel dans l'épidémie

    Faune sauvageQuel est l'animal qui a transmis le nouveau coronavirus à l'homme ? Pour identifier le suspect, les chercheurs se sont lancés dans une traque méthodique, digne d'une enquête de police scientifique. Le pangolin -espèce la plus braconnée au monde et commercialisée illégalement en Chine- serait le principal suspect.

    07 Février 2020
  • Vers la fin des soirées d'Hollywood agrémentées d'animaux rares

    Faune sauvageL'utilisation d'animaux exotiques comme les girafes, les tigres ou les éléphants à des fins de divertissement est en passe d'être interdite à Los Angeles, selon un vote mardi du conseil municipal qui met fin à une pratique en vogue dans de somptueuses réceptions hollywoodiennes.

    19 Février 2020
  • Zoos à l’arrêt : quelles conséquences sur les animaux ?

    Faune sauvageAu même titre que les restaurants, les cinémas ou encore les refuges, les parcs zoologiques ont eux aussi dû fermer leurs portes au public. Cela a-t-il des conséquences sur le soin des animaux ? Rencontrent-ils des difficultés ? Animaux-Online fait le point.

    01 Avril 2020
  • Australie : les incendies déciment des millions d’animaux

    Faune sauvageLa vie sauvage australienne, réputée notamment pour ses koalas et ses kangourous, mettra des décennies à se remettre des feux de forêt qui dévastent actuellement l'immense île-continent.

    03 Janvier 2020
  • Les bébés phoques du Saint-Laurent

    Faune sauvageChassés pendant longtemps pour leur fourrure immaculée, les bébés phoques connaissent aujourd’hui une nouvelle menace : la fragilité de la banquise qui les expose à la noyade avant même qu’ils ne sachent nager…

    24 Décembre 2019
  • L'été au zoo : comment font les animaux

    Faune sauvageCet été, le parc zoologique de Paris accueillera en moyenne 3000 visiteurs par jour, avec des pics à 7000 ou 8000 sur certains week-ends. Comment les animaux s’adaptent-ils à l’affluence, mais aussi à la chaleur ?

    08 Août 2016
  • La sexualité de nos animaux 28/50

    Faune sauvageC’est le printemps ! Pour l’occasion, Animaux-online vous propose une série de cinquante articles sur la sexualité de nos animaux. Vous allez enfin tout savoir sur ce que vous n’avez jamais osé demander. Aujourd’hui… l'avortement.

    29 Avril 2016
  • L'huître, sentinelle des pollutions marines

    Faune sauvageUn simple mouvement de valve et l'huître devient vigie des pollutions marines dans l'Arctique ou le Golfe, grâce aux travaux d'un petit laboratoire à Arcachon, sur la côte girondine.

    14 Septembre 2018
  • La sexualité de nos animaux 36/50

    Faune sauvageC’est le printemps ! Pour l’occasion, Animaux-online vous propose une série de cinquante articles sur la sexualité de nos animaux. Vous allez enfin tout savoir sur ce que vous n’avez jamais osé demander. Aujourd’hui… un peu d'anatomie.

    07 Mai 2016
  • Déconfinement : appels à la vigilance lors du retour dans la nature

    Faune sauvageLe déconfinement de millions d'humains risque d'être dramatique pour les animaux qui se sont réappropriés des espaces désertés par l'activité humaine. Aussi bien pendant vos sorties en nature, que pendant vos trajets en voiture : la vigilance est de mise !

    11 Mai 2020
  • Zoo de Paris : Une réouverture qui suscite l’enthousiasme

    Faune sauvageDeux mois et demi après sa fermeture suite à l’annonce des mesures sanitaires prises par le gouvernement en raison de l’épidémie de Covid-19, le zoo de Paris a fait sa réouverture. Au plus grand bonheur du personnel du parc mais aussi des visiteurs, des habitués des lieux aux familles désireuses de découvrir les animaux.

    09 Juin 2020
  • Coronavirus : les humains confinés, la nature reprend ses droits

    Faune sauvageLes oiseaux chantent à tue-tête, les sangliers se promènent en ville, les dauphins sont de sortie. Avec le confinement, animaux sauvages et plantes profitent du calme retrouvé, tandis que les humains, prennent plus le temps d'observer la nature.

    30 Mars 2020
  • La chauve-souris, un insecticide naturel plein de promesses

    Faune sauvageSa mauvaise image lui colle à la peau et pourtant, la chauve-souris est une alliée précieuse, en ville comme à la campagne, pour lutter contre certains insectes comme les moustiques. De quoi nous inciter à préserver ce petit mammifère, de plus en plus menacé.

    12 Juin 2018
  • Le rat de Sein bientôt éradiqué de la petite île bretonne

    Faune sauvageUne île, des centaines de rats et une biodiversité en danger: une vaste campagne de dératisation est en cours sur l'île de Sein, afin d'éradiquer le 'rattus norvegicus', une espèce très présente sur les îles bretonnes.

    19 Septembre 2018
  • La Loire, le dernier fleuve sauvage

    Faune sauvageVivant au gré des crues, le plus long fleuve de France et ses multiples îlots offrent un réservoir encore riche d’espèces animales. À chaque saison, la rencontre est magique. Oiseaux, castors, sangliers, chevreuils… s’offrent immanquablement à l’œil attentif et discret.

    08 Juin 2017
  • Les images d’animaux récompensées par le World Press Photo 2017

    Faune sauvageCe concours international récompense chaque année les photos d’actualité les plus marquantes. Voici les gagnants de la catégorie « Nature », montrant l’impact de l’homme sur son environnement et la faune sauvage : des images fortes, impressionnantes ou choquantes, qui donnent à réfléchir…

    20 Février 2017
  • Florence Ollivet-Courtois : Daktari en Eure-et-Loir

    Faune sauvageAu chevet des animaux sauvages du zoo-refuge La Tanière, près de Chartres, cette vétérinaire engagée soigne les rescapés sans émettre de jugement. Jusqu’à un certain point…

    20 Janvier 2020
  • Un centre de soins pour animaux sauvages appelle à l’aide

    Faune sauvageL’Hirondelle, un centre de soins pour animaux sauvages à Saint-Forgeux (69) se trouve en extrême difficulté. Il se voit contraint, aujourd’hui, de fermer ses portes car il ne peut plus accueillir le moindre animal.

    11 Octobre 2019
  • Les animaux sauvages sont de retour à Paris

    Faune sauvageLa chaîne M6 diffusera le 1er janvier 2017 à 21h le film de Frédéric Fougea « La plus belle ville du monde ». Une réalisation entre le documentaire et le conte, qui montre un Paris inattendu, peuplé de 3000 espèces sauvages installées dans la capitale.

    22 Décembre 2016