L214 : pour les députés, l’abattage des animaux est immontrable !


  • L214 : pour les députés, l’abattage des animaux est immontrable !Photo : DR
  • Protection/ Elevage

    Alors que deux de ses adhérents venus poser des caméras pour espionner les postes d’abattage ont été arrêtés dans un abattoir de Houdan*, dans les Yvelines, Brigitte Gothière, cofondatrice de L214, réagit au rejet de la mesure de vidéo-surveillance dans le cadre de proposition de loi « relative au respect de l’animal en abattoir », pilotée par Olivier Falorni .

    Suite au rejet par la commission des affaires économiques le 14 décembre dernier de la surveillance par caméra vidéo aux postes d’abattage dans le cadre de proposition de loi « relative au respect de l’animal en abattoir », pilotée par Olivier Falorni, Brigitte Gothière, cofondatrice de L214, avoue que son association s’y attendait. « Quelques jours avant le vote qui a rejeté la mesure, nous avions reçu une lettre de la Fédération nationale des industriels et des commerçants en gros de la viande où ils expliquaient que la mise en place d’un contrôle vidéo ne pouvait pas être une loi. Tout comme ils étaient farouchement opposés aux visites de contrôle inopinées dans les abattoirs. » Tout simplement parce que la mise à mort des animaux que nous consommons n’est pas montrable au grand public.  « La terreur de l’animal qu’on conduit à la mort et qui finira dans les assiettes des consommateurs n’est pas quelque chose que les professionnels de la filière veulent montrer, explique celle qui avait révélé les vidéos choc des maltraitances dans plusieurs abattoirs. Ils l’assument complètement puisqu’ils nous ont clairement dit que la mise en évidence du lien entre l’animal vivant et le bout de viande dans l’assiette risquait de « leur couper l’appétit » ! »

    Pour Brigitte Gothière, les arguments évoqués pour rejeter la proposition ne tiennent pas, à savoir le coût de la mise en place d’une vidéosurveillance et la pression exercée par les caméras sur le personnel aux postes d’abattage. « Certes, on peut entendre que des caméras mettent une certaine pression sur les personnes, concède-t-elle, mais il y a beaucoup d’autres secteurs d’activité, où les enjeux sont nettement moins importants, où les employés sont filmés. C’est le cas des caissières dans les supermarchés ou des ouvriers sur les quais de déchargement. En fait, cela ne pose pas de problème à partir du moment où ça arrange les entreprises de surveiller leur personnel. Et concernant le coût, l’argument ne tient pas. Une caméra ne coûte plus grand-chose de nos jours. »

    Atterré par la décision de la commission, le député Olivier Falorni, qui a porté le projet de loi à l’issue de l’enquête parlementaire décidée suite aux scandales des vidéos tournées dans des abattoirs, n’entend pas renoncer à faire voter une mesure qui a l’adhésion de 85% des Français (sondage Ifop, octobre 2016). Il estime dans un communiqué que « la commission a profondément modifié la proposition de loi initiale (en rejetant) un dispositif qui avait pourtant été élaboré afin d’assurer un meilleur contrôle des abattoirs tout en sécurisant les salariés et en empêchant le détournement d’images ». C’est pourquoi il soumettra à nouveau son projet de loi en séance publique, le 12 janvier prochain, avec ce même volet de contrôle vidéo, en espérant que les députés se montreront moins conservateurs.

    « Monsieur Falorni a raison de s’obstiner, a commenté Brigitte Gothière, même si nous avions un désaccord sur la destination des images tournées. Dans son texte, il propose que les vidéos ne soient accessibles qu’aux vétérinaires, aux directeur des abattoirs et aux délégués du personnel alors que nous souhaitons une ouverture vers les ONG et vers le grand public. A L214, nous estimons que le consommateur doit avoir une totale connaissance du mode de fabrication du produit qu’il achète pour être en mesure de choisir ou non de le consommer. »

    * Ils ont été relâchés après une garde à vue de 17 heures.


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