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Des éleveurs pillés depuis le début du confinement


  • Des éleveurs pillés depuis le début du confinementPhoto : Shutterstock
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    Depuis le début du confinement, c'est l'hécatombe. Moutons, brebis, agneaux mais aussi poules sont volés, la nuit, partout en France.


    « Ce sont des gens qui s'y connaissent en animaux, savent les appâter. Ils ont l'habitude de vivre à côté de la loi sauf que là, pendant le confinement, ils n'ont plus la possibilité de racketter ou de faire la manche, alors ils se tournent vers nos bêtes… », estime Sylvain Girard. En l'espace d'un mois, le fondateur d'Ecomouton – une entreprise d'écopâturage où les moutons entretiennent les espaces verts – a subi 10 vols localisés dans le 94 et le 77, avec un total de 50 bêtes dérobées. « Sur une année, on peut avoir 2 ou 3 vols. Là, c'est catastrophique. Ils visent nos moutons d'Ouessant, les grands mâles. C'est typiquement pour les manger », affirme-t-il, abattu. Malheureusement, il est loin d'être le seul à être victime de ces attaques. La Loire-Atlantique semble être le département le plus touché. Le « Collectif des éleveurs pillés » se bat sans relâche. « On estime que depuis le début du mois d’avril, ce sont environ 250 moutons qui ont disparu dans le département. En temps normal, il y a peut-être 5 vols par mois, en ce moment c’est quasiment tous les jours ! », avait expliqué Vivien Mahé, éleveur à Ancenis, au journal 20Minutes.

    D'une manière générale, les faits divers ne cessent de pleuvoir dans les journaux régionaux : la ferme du maraîcher Les Grands-Prés, à Boutigny (Seine et Marne), s’est fait voler près de 200 poules pondeuses (16/03/20) ; Patureco – entreprise semblable à Ecomouton – s'est fait dérober 10 moutons et 2 agneaux dans une pâture à Orchies (Nord) (30/03/2020) ; 2 moutons, 2 dindes et 1 dindon ont disparu du parc animalier Hi Han à Roissy-en-Brie, et un cochon a été retrouvé mort (07/04/20) ; 2 moutons, 2 coqs et 6 poules ont été dérobés au parc animalier de Chilly-Mazarin (91) (24/4/2020)… Ce ne sont là que des exemples parmi tant d'autres.
     

    Des victimes qui se sentent abandonnées

    Caméras de surveillance, rondes de nuit, présence des gendarmes… rien n'y fait, les méfaits continuent d'être commis. Pour protéger ses 54 brebis, et suite à une tentative de vol, une éleveuse de l'Essonne a même décidé d'installer une caravane au milieu du troupeau, comme le rapporte Ouest France. Pour ces victimes, la situation est « désespérée » et rien n'est fait pour les aider. « Il existe un dispositif d’aide pour les éleveurs concernés par des pertes occasionnées par les loups, on ne comprend pas pourquoi nous, on n’aurait pas droit à un soutien de ce type », avait  déclaré Vivien Mahé. Le « Collectif des éleveurs pillés » de Loire-Atlantique a ainsi décidé d’adresser une lettre ouverte aux politiques, dont le ministre de l’Intérieur et la garde des Sceaux, afin d'alerter sur les vols à répétition dont ils sont victimes. Sylvain Girard, quant à lui, aimerait simplement que la police vienne quand il les appelle. « Porter plainte, ça ne sert à rien. On veut juste que la police fasse son travail. Pendant l'un des vols, les coupables étaient toujours sur place et la police ne s'est pas déplacée sous prétexte que "ce n'était pas assez urgent" ».
     

    Le 17 avril, un voleur, arrêté par les gendarmes après une course-poursuite dans le nord de la Loire-Atlantique, a été jugé. Le jeune homme de 27 ans a été condamné au tribunal de Nantes à huit mois de prison avec sursis (six mois de prison ferme avaient été requis par le procureur). Il avait volé trois moutons. Sur le campement où sa caravane était installée, une dizaine d'autres ovins ont été retrouvés d'après Actu.fr.


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