NAC : sont-ils de bons animaux de compagnie ?

Les NAC entre chiens et chats


  • Les NAC entre chiens  et chatsPhoto : Shutterstock
  • N.A.C.

    Nous sommes nombreux à vouloir faire vivre sous le même toit tous les animaux que l’on aime. Pourtant, la plupart des NAC cohabitent mal avec un chien ou un chat. Question d’instinct…

    Smoothie était un lapin bélier qui partageait le quotidien de notre chienne Knel, une berger belge de Groenendael aujourd’hui âgée de 12 ans, raconte sa maîtresse Joséphine. La première rencontre entre les deux a été un peu mouvementée car notre jeune chienne courait après lui pour jouer. Mais très vite, la cohabitation s’est mise en place naturellement. Notre chienne vivait dans sa niche et Smoothie s’est installé dessous en creusant un terrier ! Entre eux, c’était l’entente parfaite. » 

    Si le duo a mené une cohabitation paisible et heureuse jusqu’à la mort (de vieillesse) du petit lapin, ce n’est généralement pas le cas entre les chiens et les lapins. Tout simplement parce que, dans la nature, les premiers sont les prédateurs des seconds. L’instinct de chasseur qui sommeille en beaucoup de carnivores doit être pris en considération quand on envisage de faire cohabiter les deux espèces. C’est pourquoi on commencera par choisir une race de chien qui n’a pas été sélectionnée sur son aptitude à la chasse. Un profil chien de garde, de compagnie est plus adapté qu’un terrier dont l’instinct le pousse à creuser pour déloger des rongeurs. On essaiera d’introduire un NAC à la maison lorsque le chien est encore chiot, en veillant à l’éduquer au respect de ce petit compagnon qu’il prendra pour son copain de jeu. 

    D’une manière générale, les présentations doivent se faire dans la cage d’abord pour le lapin, puis avec le chien tenu en laisse lorsqu’on l’en sortira. Tout doit se passer sous la surveillance des maîtres qui interviendront si les choses tournent au vinaigre. Il faut aussi parfois savoir admettre que les liens ne se tisseront jamais si la mésentente est trop importante. L’idéal, quand on veut faire vivre sous le même toit un NAC avec un chien ou un chat, est d’associer deux carnivores entre eux, comme le furet avec le chat ou le chien. Le furet est un compromis entre le chien et le chat, et c’est aussi un prédateur. Mais, même dans ce duo, la prudence est de mise : « Il faut surveiller car un coup de patte d’un gros chien peut être lourd de conséquences sur un furet. À l’inverse, le furet monte vite en excitation et pince rapidement », prévient Katia Maréchal, qui connaît bien le mustélidé.

    Pour les plus petits rongeurs que sont les rats, souris et autres hamsters, les spécialistes recommandent de ne pas tenter le diable en les gardant bien à l’abri derrière les barreaux d’une cage. Et même là, les risques ne sont pas nuls. « Lorsque j’étais petite, nous avions des hamsters bien protégés dans des cages, raconte Peggy, aujourd’hui propriétaire de deux chiens et d’un chat. Ils étaient très familiers avec nous, et nous ne les présentions jamais à notre chat. Mais un jour, ce dernier a profité d’une négligence de notre part pour se faufiler dans notre chambre et crocheter l’un de nos hamsters qui passait près du grillage… On n’a rien pu faire pour le sauver et on n’a pas réprimandé notre chat car le petit prédateur n’aurait pas compris qu’il peut chasser une souris dehors mais pas quand elle se trouve dans la maison… » 

    Une prise en charge vétérinaire inégale
    Mélanie Coquelle est une vétérinaire spécialiste des NAC qui se déplace dans les cabinets vétérinaires pour des consultations réservées à ces petits animaux. Passionnée par ces espèces, elle pose un regard lucide sur les soins qu’on leur prodigue. « Les propriétaires de NAC sont globalement de plus en plus informés des conditions d’entretien de leurs animaux, témoigne-t-elle. Les situations sont en revanche très inégales, entre le NAC acheté pour les enfants qui embarrasse un peu les parents lorsqu’il tombe malade, et le NAC du jeune adulte très investi. Cependant, il est encore trop ancré dans l’esprit des gens qu’un petit animal ne doit pas coûter cher en soins. En réalité, le coût des soins n’a pas de rapport avec la taille de l’animal. Il y a encore assez peu de gens prêts à dépenser le réel coût des soins médicaux pour un hamster ou une souris, à l’inverse des rats. »