NAC : sont-ils de bons animaux de compagnie ?

NAC : 6 raisons qui font d’eux des compagnons comme les autres


  • NAC : 6 raisons qui font d’eux des compagnons comme les autresPhoto : Shutterstock
  • N.A.C.

    Si, pendant longtemps, lapins, hamsters, chinchillas et autres rongeurs ont été les parents pauvres de nos animaux de compagnie, ils ont conquis peu à peu notre maison et notre cœur. Au point de rivaliser avec nos chats et chiens dans l’attention que nous leur portons. 

    1. Ils font partie de la famille

    Autrefois, les petits mammifères étaient souvent offerts à des enfants et finissaient oubliés dans leur cage dans un coin de la chambre. Aujourd’hui, ces petites boules de poils sont bien plus que des animaux d’agrément. En effet, des études démontrent que désormais ce sont surtout les « millenials » (la génération née entre 1980 et 2000) qui sont les plus fans de NAC. Cette génération est très attentive aux questions d’environnement et de bien-être animal. Leur NAC n’est pas juste une bête en cage, il fait partie du foyer au même titre que tous les autres habitants. « Nos NAC sont des membres de la famille », confirme Florent Depoorter, 31 ans, de Carcassonne. « Entre nous, avant d’avoir des enfants nous nous appelions “papa” et “maman” en parlant à nos animaux.  ironise-t-il. Cependant, pas question pour autant de faire de l’anthropomorphisme, ils ont leur place et nous la nôtre ! » Ainsi, qu’il ait des grandes oreilles, une longue queue touffue ou des dents pointues, le NAC occupe la même place qu’un proche : on le chouchoute, on lui fait des cadeaux, on lui donne un nom... Et au moindre bobo on l’emmène chez le vétérinaire. 

    2. Nous vivons avec eux, ils vivent avec nous

    Ils vivent chez nous. En cage pour certains, en semi-liberté ou en liberté pour d’autres. Les grandes volières pour les rats, furets ou chinchillas sont désormais jolies et pratiques. Depuis quelques années, des meubles sur mesure intègrent à notre mobilier humain les habitats que nous destinons à nos cobayes ou plus petits rongeurs. Ils ressemblent à de grandes étagères très profondes qui cachent en réalité des sortes de « clapiers d’intérieur » très spacieux. Sur le devant, pas de vilaines portes grillagées, mais des fenêtres transparentes en Plexiglas, permettant un accès direct aux animaux et privilégiant la visibilité. Quant aux enclos pour les lapins ou les cochons d’Inde, il ne sont plus réservés au jardin mais font partie intégrante de notre intérieur, occupant une bonne partie du salon ou d’une chambre. 

    Ces nouveaux habitats rapprochent nos NAC, et leur permettent de vivre avec nous, d’être littéralement sous le même toit. Et, en passant, d’essayer d’avoir des habitats plus esthétiques et en harmonie avec notre décor. Les cochons d’Inde sont de plus en plus nombreux à vivre en cavy cage, des logements sur mesure à assembler comme on veut. On peut aussi combiner une grande cage avec un très grand enclos : ainsi la cage sert surtout de refuge, et les rongeurs peuvent se dégourdir les pattes à loisir dans un périmètre sécurisé. C’est ce qu’a fait Axelle Pouessel, 31 ans, pour ses cochons d’Inde Ivoire et Image : « Elles ont une  cage de 2 mètres de large environ. Autour de cette cage j’ai installé un grand parc. Elles peuvent sauter en dehors de la cage pour se promener, et rentrer et sortir quand elles veulent. »

    Pour Ludivine Dugué, la proximité avec ses rats, qu’elle élève comme ses enfants, va jusqu’à leur consacrer une chambre entière (photo ci-dessous). Tout y a été sécurisé puisque les sols ne sont pas toxiques et les câbles électriques ont été cachés. Les cages sont des lieux de repos que les rats rejoignent quand ils le souhaitent. Âgée de 22 ans, leur maîtresse, qui habite dans l’Essonne, en plaisante même : « Mes rats sont mieux logés que moi ! Leur pièce ressemble à une chambre d’enfant, avec de l’espace, des trucs à ronger, de quoi grimper, jouer et dormir. »

    3. Ils communiquent avec nous

    Si nous savons aujourd’hui, études scientifiques à l’appui, que les chats et chiens ont développé miaulements et aboiements spécifiquement à l’intention de l’homme, les NAC ne sont pas en reste de « langage » qu’ils nous adressent pour nous faire savoir qu’ils ont faim, qu’ils veulent se dégourdir les pattes ou aimeraient des câlins. Les champions de la communication vocale sont incontestablement les cochons d’Inde. Marion Turk, 23 ans, étudiante à l’École nationale vétérinaire d’Alfort, témoigne : « Dès que je rentre des cours, mes cochons d’Inde m’appellent en piaillant tellement fort que tout le monde les entend dans le couloir ! » Ce sifflement très aigu est le produit de 7 000 ans de domestication. Il n’existe pas dans la nature, il n’est émis que par les cobayes de compagnie pour réclamer de la nourriture aux humains ! 

    Quand il a peur, le cochon d’Inde « vibre » comme un téléphone portable. Cette espèce discute aussi beaucoup avec ses congénères au moyen de petits gazouillements. Lors d’un câlin avec son humain, il peut se mettre à mordiller la main ou lécher frénétiquement pour faire comprendre qu’il veut retourner dans sa cage pour faire pipi. Et quand il en a assez des caresses, il donne un coup de tête vers l’arrière ! 

    Le lapin n’est pas en reste, avec ses coups de museau, léchages, et mordillements de bas de pantalon. C’est aussi un grand bonheur de voir des petits rongeurs se précipiter à la porte de leur cage quand on rentre du travail, dans l’attente de pouvoir sortir se dégourdir les pattes ou juste de se faire gratouiller derrière l’oreille. Bref, pour entendre ce qu’ils ont à nous dire, il suffit de tendre l’oreille.

    4. Ils partagent nos activités

    Le temps du petit rongeur d’ornement est révolu. Aujourd’hui, les NAC participent à nos activités et nous aux leurs, voire on leur en crée ! Quitte à monter des petits parcs d’attraction pour son hamster, ou initier son lapin au kaninhop, une pratique qui fait fureur en Allemagne et qui consiste à faire sauter des petits obstacles à son lapin. Certains font des massages à leur cochon d’Inde, jouent avec leur rat ou furet, ou encore partent en voyage avec leur gerbille… Ludivine explique avec enthousiasme : « Quand je rentre, mes rats viennent à mes pieds et me suivent, où que j’aille. Dix rats dans les pattes ce n’est parfois pas évident ! On peut faire pas mal d’activités avec eux quand ils sont motivés. Certains adorent les jeux de réflexion, d’autres sont doués en “rat dancing”. J’ai même eu un rat qui faisait de l’agility pendant ses sorties, uniquement par plaisir. » 

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    La meilleure illustration de ce nouveau rapport aux NAC, de cette proximité quotidienne, est leur présence sur les réseaux sociaux. YouTube, Facebook, Instagram ne sont plus l’apanage des chiens et des chats. Les lapins, rats et autres furets ont désormais leur compte et leurs « followers ». C’est le cas de Ludwik, un cochon d’Inde nu, de The Lava Empire (L’empire de la lave), des cochons d’Inde qui vivent en liberté dans un appartement. Plus proches de nous, Dayko, le lapin lièvre belge (Passion Lapin), ou Princess et Enzo, deux lagomorphes qui tentent leur chance sur Instagram (lifeofmill). 

    5. Ils nous font confiance 

    Si leurs maîtres sont certains de les aimer, il est parfois difficile de parler « d’amour » quand on veut expliquer le sentiment que nourrit leur NAC à leur encontre. D’abord parce qu’il s’agit d’un sentiment humain (attention à l’anthropomorphisme), mais surtout parce que les marques d’affection qu’ils peuvent leur adresser sont plus difficiles à lire et à interpréter que celles des chats et des chiens avec qui nous cohabitons depuis bien plus longtemps. 

    Pour un NAC, la plus grande « preuve d’amour » qu’il peut donner à son maître, c’est principalement de montrer qu’il lui fait confiance – et accepte son affection. Ces petits animaux, qui sont d’ordinaire des proies vulnérables, témoignent d’un grand sentiment de sécurité simplement en grimpant sur notre main, pour une petite souris très timide, en se détendant sous nos caresses pour un cochon d’Inde, voire en s’endormant profondément à nos côtés, hors de son terrier ou nid discret. 

    Florent, qui se considère comme le « papa » de lapins, cochons d’Inde et gerbilles, est lucide sur la relation qu’il entretient avec ses animaux : « Je ne pense pas qu’ils m’aiment, mais ils comprennent qu’on s’occupe d’eux et qu’on leur procure abri et nourriture. Je pense qu’ils font confiance, mais ce n’est pas de l’amour. C’est plutôt une forme de respect mutuel. »

    Pour Marjorie, le lien va au-delà du respect et s’apparente à de la joie : « Mes rats “globulent” et “creucreutent” tous les jours, parfois juste au son de ma voix. Le globulage est un phénomène naturel lorsqu’un rat est très heureux et détendu. Les yeux semblent sortir de leurs orbites. Le creucreutage, une sorte de grincement de dents, peut aussi être une manifestation de joie. »

    6. Ils changent notre vie

    Comme c’est le cas avec les autres animaux de compagnie, vivre au quotidien avec des petits mammifères peut profondément changer notre façon de voir le monde, le rapport que nous entretenons avec les animaux et la nature en général. Parfois, quand, malheureusement, la maladie les frappe, les voir se battre pour continuer à vivre normalement est une leçon de courage. 

    Ces petites boules de poils peuvent aussi nous apprendre à changer la nature de nos relations avec les humains, comme le raconte Lucie, « ratouphile » (comme elle se qualifie) de 21 ans : «Je me suis découvert des capacités d’adaptation et de dialogue quand je réponds aux personnes pour les conseiller. Je me suis aperçue que j’étais capable de transmettre une passion pour un animal qui n’est pas toujours bien vu. »

    On peut aussi en apprendre beaucoup sur soi-même, par la façon dont on s’occupe d’eux (patience, persévérance, instinct maternel…). Par ailleurs, la passion pour les petits mammifères suscite parfois des vocations. Marion explique : « À travers leurs maladies, mes trois cochons d’Inde m’ont poussée à me documenter sur les pathologies des cobayes, ils m’aident bien à apprendre mes cours. Grâce à eux, je suis très motivée pour devenir vétérinaire spécialisée en NAC. » Florent, lui, est devenu vendeur en animalerie : « J’ai appris mon métier grâce à mes NAC. »

    Aimés pour le meilleur et parfois pour le pire…
    Si lapins, furets, hamsters, cochons d’Inde et même souris peuvent aujourd’hui revendiquer un statut d’animal de compagnie à bien des égards, il ne faut pas idéaliser cette nouvelle relation. Sous bien des aspects, beaucoup pâtissent de la facilité avec laquelle ils peuvent être acquis. Peu chers, peu encombrants, ils sont encore nombreux à être laissés dans un coin une fois la passion retombée (surtout auprès des jeunes enfants à qui on les a offerts), à être manipulés avec brutalité faute de connaissance ou d’éducation, à ne pas être identifiés, stérilisés et soignés car ces opérations sont plus chères que le prix de l’animal, ou pire à être abandonnés dans la nature dès qu’ils ne séduisent plus. L’abandon et la maltraitance… sont sans doute les pires preuves qu’ils sont devenus des animaux de compagnie à part entière !

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