Devenir véto, une vocation à l’épreuve de la sélection


  • Devenir véto, une vocation à l’épreuve de la sélectionPhoto : Arnaud Beinat
  • Chiens/ Santé

    L’amour des animaux est à l’origine de nombreuses vocations vétérinaires. Mais accéder au cursus d’enseignement relève souvent du parcours du combattant. Nos conseils pour mettre toutes les chances de votre côté et faire de votre rêve une réalité.

    La France compte dix-huit mille cinq cents quarante-huit vétérinaires, presque tous formés au sein des quatre écoles françaises situées à Maisons-Alfort (en région parisienne), à Lyon, Toulouse et Nantes. Le recrutement est réalisé par concours, après au minimum deux années d’études après le Baccalauréat. Il est commun aux quatre écoles et l’affectation des futurs élèves se fait en fonction de leur classement et les vœux qu’ils ont exprimés. Pour la rentrée 2020, six cents quarante-six places sont ouvertes aux candidats, soit dix de plus qu’en 2019. Plusieurs concours sont organisés en avril et en mai, ouverts à différents profils d’étudiants.

    Le concours A, la voie royale

    Le concours A est réservé à ceux ayant suivis deux années de classe préparatoire Biologie, Chimie, Physique et Sciences de la Terre (BCPST). Il s’agit de la voie nettement majoritaire puisque 71% des places disponibles seront attribuées par ce biais en 2020, soit quatre cent soixante-deux places. Cinquante-six classes préparatoires BCPST existent en France. Ceux qui s’inscrivent sur la Plateforme Parcoursup doivent s’appuyer sur un excellent dossier scolaire de terminale scientifique. Un minimum de 15/20 de moyenne générale est requis pour espérer intégrer une prépa BCPST. Il faut aussi savoir que les lycées affichant le meilleur taux de réussite au concours A * sont les plus difficiles à intégrer et qu’il convient d’assurer ses arrières avec des classes préparatoires moins cotées.

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    Amoureuse des animaux depuis l’enfance, Manon, dix-huit ans, a travaillé d’arrache-pied au lycée pour être sélectionnée. Quelques semaines avant d’obtenir son Bac avec mention TB, elle a connu le bonheur d’être choisie dans sa prépa de prédilection, celle du lycée Clémenceau à Nantes. Celle-ci est classée huitième de France en terme de réussite au concours, un étudiant sur quatre est accepté dans une école vétérinaire. Depuis septembre, elle vit au rythme de la prépa à savoir « travailler avec méthode, tous les jours, jusqu’à 21 heures, en accumulant le maximum de connaissances dans un minimum de temps ». Grâce à une hygiène de vie stricte, elle ne se couche pas après 22h, elle n’a pas le sentiment d’être noyée sous la masse de travail. Quand le doute s’installe, elle peut compter sur le soutien de ses professeurs, à l’écoute, et de son partenaire privilégié de travail, Raphaël « un gros bosseur lui aussi ». La détermination de la jeune fille, qui est aussi ceinture noire de karaté, est sans faille : « j’ai un objectif et je ne le perds jamais de vue ».

    Recrutement en hausse pour le concours C

    Originaire de Perpignan et très bonne élève également, Elise a demandé, il y a trois ans, à intégrer les classes préparatoires du lycée Joffre à Montpellier, la meilleure de France, et celle de Toulouse-Auzeville, classée troisième. Un choix audacieux qui ne lui a pas porté chance, son dossier n’a pas été retenu. Heureusement, elle avait également misé sur une autre filière, celle des IUT Génie Biologique qui permet de passer le concours C, ouvert aux titulaires d’un DUT dans le domaine de la biologie et à certains BTS et BTSA (15% des places en école vétérinaires pour 2020). En choisissant l’option Analyses biologiques et biochimiques, elle a mis toutes les chances de son côté puisque 41% des diplômés dans cette spécialité ont réussi le concours C en 2019. Après ces deux années de formation en IUT, elle a envoyé sa candidature au lycée de Toulouse-Auzeville pour entrer dans une classe préparatoire d’adaptation de technicien supérieur (ATS) Biologie et elle a été retenue. Douze lycées proposent cette formation d’un an qui permet de se remettre à niveau pour tenter le concours vétérinaire. Une étape indispensable : en 2018 tous les reçus au concours C l’avaient suivi. « Le rythme de travail est très intensif mais ça valait le coup » se rappelle la jeune femme. Et pour cause : Elise a brillamment réussi l’examen en se classant première sur quatre-vingt-treize retenus (onze places de plus qu’en 2018). Une pole position qui lui a permis de choisir l’école vétérinaire de son choix, celle de Toulouse. « J’ai commencé les travaux pratiques sur les soins aux animaux, je me régale ! » s’enthousiasme-t-elle en ne regrettant rien de son parcours. « Je m’aperçois que certains enseignements dispensés à l’IUT, comme la pharmacologie ou le fonctionnement des micro-organismes, me sont encore utiles aujourd’hui. ». Un conseil à ceux qui rêve, comme elle, de devenir véto ? « Ne rien lâcher ».

    Pensez à l’étranger !

    Un état d’esprit qui anime aussi Tom, vingt ans. Lui non plus n’a pas été pris en prépa BCPST. Il a opté pour une fac de biologie à Orsay pour tenter le concours B accessible aux étudiants ayant validé cent vingt crédits européens de licence, soit deux années universitaires. « Dans ma promotion, à la fin de la première année, seuls vingt étudiants sur cinq cents accédaient au parcours bio-concours qui permet de préparer le concours B ». L’écrémage est aussi très fort pour ceux autorisés à passer les épreuves écrites et orales : seul un candidat sur huit décroche son ticket d’entrée dans une école vétérinaire. Il y a un an, le jeune homme a donc décidé de prospecter hors de France. L’harmonisation des diplômes universitaires en Europe offre la possibilité à ses ressortissants de suivre un cursus vétérinaire partout dans l’Union et d’y exercer par la suite. L’accès aux formations reste, comme en France, sélectif mais les critères ne sont pas forcément les mêmes. Sa motivation et ses expériences dans un refuge animalier et une clinique vétérinaire ont joué en sa faveur auprès du jury portugais de l’université de Coimbra. « Je reste une exception car mes autres camarades de promo affichaient d’excellentes notes. Nous sommes quarante-neuf et nos profils sont différents : des anciens de prépa BCPST, d’IUT, un bachelier et même une ingénieur agro ». En première année, Tom suit un enseignement en médecine vétérinaire en français mais aussi des cours de portugais. Dès l’année prochaine, il devra être capable de suivre le cursus dispensé dans la langue locale. Le jeune homme est confiant « Les étudiants français de troisième année nous ont rassurés, ils y sont tous parvenus. Vivre et étudier avec d’autres portugais aide beaucoup ». Tom avoue « être heureux au Portugal », reconnaissant envers ses parents qui font un gros effort pour financer sa formation (44 200€ sur cinq ans et demi pour les seuls droits d’inscription).

    Une formation moins élitiste en 2021

    Même en France, les effectifs des promotions vétérinaires ne sont pas un modèle de diversité sociale, même si les écoles sont publiques. Dominique Grandjean, professeur à l’Ecole nationale vétérinaire d’Alfort le reconnaît sans détour : « La majorité de nos élèves sont issus de classes sociales privilégiées. Toutes les familles ne peuvent pas se permettre de financer deux ans de prépa. ». Pour pallier cet obstacle, une nouvelle voie d’accès post-bac verra le jour à la rentrée 2021. Cent soixante étudiants, sélectionnés via Parcoursup, suivront une année de cycle préparatoire intégré d’un an dans les écoles vétérinaires. « Ce type de sélection présente deux autres avantages : cela coûte moins cher à la collectivité et permet de se mettre au diapason des autres formations européennes qui durent six ans, contre sept minimum en France » ajoute Dominique Grandjean. Quatre cents quatre-vingts autres étudiants continueront à être recrutés par les trois concours traditionnels avec, selon la Direction générale de l'enseignement et de la recherche, « un effort particulier sur les concours B et C pour permettre à plus de jeunes, issus de tous les territoires, avec des parcours scolaires diversifiés de devenir vétérinaires ».

    Rappelons, enfin, que dans le cadre de la réforme du baccalauréat, les lycéens doivent faire les bons choix pour maximiser leurs chances d’intégrer un cursus vétérinaire. Les écoles vétérinaires recommandent d’opter, en classe de première, pour les sciences de la vie et de la terre (SVT), les mathématiques et la physique-chimie. En terminale, ne seront conservées que les SVT et les mathématiques.

    * Palmarès des meilleures prépas véto : https://www.letudiant.fr//palmares/classement-prepa/maths-spe-bcpst/ecole-integree-4-veto-env.html

     

    Les formations vétérinaires en Europe

    Tous les pays européens proposent un enseignement en médecine vétérinaire. Nous avons sélectionné ceux dispensant des cours en français et en anglais. Le recrutement des étudiants fait toujours l’objet d’une sélection qui varie selon les universités.

    Gwenn Hamp

    A lire aussi :  Le quotidien étonnant d'un vétérinaire NAC 


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