L214, SPA… Tous déçus par les nouvelles mesures annoncées


  • L214, SPA… Tous déçus par les nouvelles mesures annoncéesPhoto : Shutterstock
  • Protection/ Elevage

    Les annonces faites mardi par le ministre de l'Agriculture sur le bien-être animal, notamment le broyage des poussins et la castration à vif des porcelets, qui seront interdits fin 2021, manquent d'ambition, aux yeux des ONG militant pour la cause animale.

    Fini les poussins broyés, et plus de porcelets castrés à vif: le gouvernement français, par la voix du ministre de l'Agriculture Didier Guillaume, s'est engagé à interdire d'ici fin 2021 ces deux pratiques controversées de l'élevage. "Fin 2021, plus rien ne sera comme avant", a déclaré le ministre lors d'une conférence de presse mardi matin, durant laquelle il a décliné l'ensemble des mesures du gouvernement pour le bien-être animal. Sur le sujet emblématique des poussins mâles, qui sont broyés dans les élevages de poules pondeuses car il n'est pas rentable de les nourrir, "l'objectif, c'est de forcer les entreprises, la recherche à faire cela fin 2021, (...) trouver la technique qui marche à grande échelle", a indiqué M. Guillaume, confirmant un engagement conjoint pris avec son homologue allemande à Berlin, le 13 janvier dernier.

    A lire aussi : Des oeufs plus éthiques, une réalité ?

    Parmi les voisins de la France, la Suisse a mis en place cette interdiction depuis le 1er janvier. Le mode d'abattage au moyen du CO2 y reste autorisé. De la même manière, "fin 2021, il n'y aura plus de castration des porcelets à vif", a assuré M. Guillaume, en ajoutant que le ministère allait "publier des textes réglementaires dans les toutes prochaines semaines pour aller vers l'interdiction des pratiques douloureuses dans l'élevage".  La castration des porcelets permet d'obtenir des porcs plus gras, tout en évitant l'odeur nauséabonde de verrat que peut dégager à la cuisson le gras de certains mâles "entiers". "Nous avons travaillé avec les vétérinaires prêts à élaborer un protocole pour une prise en charge complète de la douleur", a expliqué M. Guillaume.

    Animaux de compagnie également concernés

      "Au conseil des ministres de l'Agriculture à Bruxelles" qui s'est tenu lundi "nous avons pris la décision de mettre en place un étiquetage des modes d'élevage sur l'ensemble des produits à l'échelle européenne", a par ailleurs souligné le ministre. Cette expérimentation, pour garantir au consommateur une information claire sur les modes d'élevage des produits carnés qu'il achète, démarrera "à partir de l'année prochaine" et durera deux ans. Le plan prévoit aussi des mesures pour responsabiliser les propriétaires d'animaux de compagnie, en prévenant les achats impulsifs et en luttant contre les abandons. "On n'achète pas un chat, un chien, un animal de compagnie comme on achète une glace en passant", a déclaré M. Guillaume, rappelant que "chaque année, 100.000 animaux de compagnie sont abandonnés": "les animaux, il faut les acheter chez des professionnels". Dès le premier semestre 2020, "le non-respect de l'identification obligatoire des chats deviendra passible d'une contravention de quatrième classe", indique encore le ministère.

    L’avis de CIWF

     "La véritable annonce serait de fixer une échéance pour l'arrêt de la castration et n'autoriser que les alternatives sauf exceptions pour certaines productions", a réagi dans un communiqué l'association de protection des animaux CIWF, pour qui "la prise en charge de la douleur est une fausse bonne solution". Elle a également déploré l'absence d'annonce pour l'interdiction de vente des oeufs de poules élevées en cage, comme s'y était engagé Emmanuel Macron lors de sa campagne présidentielle.

    L’avis de L214

    "Ces annonces ont déjà été faites, notamment sur le broyage des poussins et surtout on ne voit pas le plan d'action, ni d'inscription dans la loi", a réagi auprès de l'AFP, Brigitte Gothière, cofondatrice de L214. "Il ne s'attaque pas au problème de fond. Il n'y a rien sur les conditions d'abattage des animaux, ni sur le plan de sortie de l'élevage intensif", a-t-elle ajouté, appelant à "des actions concrètes et ambitieuses". L'ONG réclame que le gouvernement "supprime au moins les conditions d'abattages reconnues comme les plus douloureuses, comme l'abattage sans étourdissement ou encore l'abattage des cochons par dioxyde de carbonne". Pour L214, il ne pourra y avoir d'avancées que si "'le bien-être animal sort du ministère de l'Agriculture" qui "est un peu la marionnette de la FNSEA, du lobby de l'élevage intensif".

    L’avis de Welfarm

    Pour l'association de protection animale Welfarm, en campagne contre la castration des porcelets à vif depuis 2016, "la seule alternative viable, aussi bien pour les animaux que pour les éleveurs, est l'arrêt pur et simple de la castration, autrement dit l'élevage de mâles entiers ou l'immunocastration".

    ‘Le reste des mesures annoncées se sont révélées insuffisantes, voire décevantes, puisqu'elles sont soit déjà connues, soit faiblement protectrices, soit associées à un échéancier trop lointain. Welfarm regrette également que Didier Guillaume n’ait pas saisi cette opportunité pour enfin interdire l’élevage de poules pondeuses en cages, interdiction réclamée par 90 % des Français », explique Welfarme sur son site.

    L’avis de la Fondation 30 Millions d’amis

    "La réponse politique apportée est très en deçà des exigences éthiques, environnementales et sociétales. On est bien loin de la "révolution" promise !", a posté sur Twitter la Fondation 30 Millions d'Amis. Selon un sondage Ifop réalisé en janvier à la demande de la Fondation, 75 % des Français considèrent que le gouvernement ne prend pas suffisamment en compte la protection animale dans son action.

    L’avis de la Fondation Brigitte Bardot

    Christophe Marie, porte-parole de la Fondation Bardot, "s'inquiète" pour sa part des méthodes pour mettre fin à la castration à vif des porcelets qui s'oriente vers une anesthésie locale."Elle serait pratiquée par des éleveurs qui ne sont pas vétérinaires. Qui va contrôler?", questionne-t-il. Il dénonce aussi le "rétropédalage du gouvernement" pour sortir de la production d'oeufs de poules élevées en cage, ce qui était selon lui "l'un des engagements d'Emmanuel Macron au moment de la présidentielle".

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    L’avis de la SPA

    Jean-Charles Fombonne, président de la SPA, a lui salué la "bonne volonté sur les poussins et les porcelets", même s'il aurait préféré que l'interdiction entre en vigueur plus tôt. Il a toutefois critiqué des propos du ministre sur la corrida : "Les arguments tenus par M. Guillaume sur les bons élevages de taureaux sont inacceptables, en termes de protection animale. Mais on comprendra qu'en ce domaine, l'exercice d'équilibriste soit encore plus difficile pour le candidat à la mairie de Biarritz".

    L’avis de PETA

    « En ce qui concerne les milliers de chiens, chats et autres animaux délaissés chaque année dans notre pays, les mesures annoncées ne font rien de concret pour endiguer cette vague d’abandons, due principalement à l’achat en animalerie, en ligne, et auprès d’éleveurs peu scrupuleux. La France ferait bien de prendre exemple sur la Californie, où les animaleries ne peuvent proposer que des animaux issus des refuges » a déclaré PETA dans un communiqué.

    - Avec AFP

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