Chats et chiens : que comprennent-ils de nous ?

Notre compagnon comprend ce que nous lui disons


  • Notre compagnon comprend ce que nous lui disonsPhoto : Shutterstock/bbernard
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    « Donne la patte », « assis », « couché » ! Il semblerait que l’étendue du vocabulaire de nos fidèles compagnons soit bien plus large que nous le pensions. Et même qu’ils seraient capables d’une communication symbolique.

    Si nous ignorons ce que le chien comprend vraiment de nos attitudes, nous sommes convaincus qu’il comprend ce que nous lui disons. Au point que nous passons notre temps à dialoguer avec lui. À notre décharge, il sait donner le change, prenant un air sérieux, la tête penchée comme s’il écoutait avec attention. Pourtant, il nous faut être honnêtes, nous ignorons ce qu’il entend de notre discours. À l’exception peut-être de mots simples comme « assis », « debout », « couché », « balade », « baballe », dont la signification a été apprise le plus souvent au cours d’un « dressage ». Ce dernier se fonde sur le principe de l’apprentissage associatif d’événements à des sons. Le vocabulaire est bien plus étendu pour les chiens de travail. « Les chiens de travail semblent davantage réceptifs et concentrés que leurs homologues citadins. Rien d’inné à cela : les maîtres ont simplement ajouté d’autres activités à leur vocabulaire »,  écrit l’éthologue Alexandra Horowitz. 

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    Plus d’un millier de mots

    Deux chiens battent actuellement tous les records de compréhension de notre vocabulaire : Chaser et Rico. Ces border collies disposent d’un répertoire de plus d’un millier de mots pour le premier et de quelques centaines pour le second. Dans les deux cas, il suffit de prononcer le nom d’un jouet pour qu’ils le trouvent parmi des dizaines d’autres. Ces génies canins sont aussi capables d’apprendre le nom d’un nouveau jouet par élimination. Si un mot inconnu leur est soumis, ils l’associent à un jouet inconnu parmi un nombre de jouets connus. La manière dont les deux chiens sont capables de faire un lien entre un nom et un jouet est proche de celle d’un enfant en bas âge. Cependant, lorsqu’un enfant apprend un nouveau mot, il en intègre ses diverses représentations ou figurations. Il reconnaît un lapin aussi bien réel que sur une image, et même en peluche et ce, quelle que soit sa taille. Pour savoir si le chien peut comprendre ce type d’abstraction, John Pilley, le propriétaire de Chaser, a rassemblé ses jouets en catégories : frisbees, balles, peluches. Il a ensuite demandé à sa chienne de rapporter non pas un jouet précis mais tous les frisbees, toutes les balles… Ce que Chaser a parfaitement bien réussi. La chercheuse Juliane Kaminski, de l’université de Portsmouth, en Grande-Bretagne, qui a travaillé avec Rico, a de son côté voulu savoir si le chien, à l’instar d’un enfant, comprenait qu’une image puisse correspondre à un objet. Elle a mené l’expérience avec Rico et d’autres border collies, et tous ont su rapporter l’objet correspondant à l’image présentée au préalable. Ainsi au-delà des mots, les chiens peuvent comprendre les représentations, très humaines, d’une communication symbolique. 

    Représentation mentale

    Des résultats que semble confirmer une étude publiée en octobre dernier. La chercheuse Ashley Prichard et ses collègues de l’université Emory, aux États-Unis, ont voulu savoir si les chiens se faisaient une représentation mentale des objets dont ils connaissaient les noms. Pour le savoir, ils se sont intéressés aux mécanismes cérébraux que les chiens utilisent pour différencier des mots connus et des mots inconnus. Des enregistrements faits par IRM ont montré que les cerveaux des chiens s’activaient différemment s’ils entendaient un mot connu ou un mot inconnu. Pour les chercheurs, il semblerait donc que les chiens parviennent à se faire une représentation neuronale, même rudimentaire, de l’objet associé à un mot connu, alors que, lorsqu’ils entendent un mot inconnu, les neurones des chiens s’activent davantage pour comprendre ce que leur maître tentent de leur dire. Mais l’expérience, qui n’a été menée que sur douze animaux, montre des capacités très variables d’un chien à l’autre sans que l’on puisse savoir s’il s’agit de différences individuelles ou raciales. 

    Mettez-y le ton !
    Lors de nos discussions, nos braves toutous ne sont pas seulement sensibles aux mots prononcés. Ils portent aussi un intérêt tout particulier à la tonalité, à l’accent et à la modulation de la phrase. Si vous parlez d’un ton neutre, vous aurez peu de chance d’éveiller leur intérêt. En revanche, ils se montreront attentifs à une voix enjouée ou triste. Selon une étude de 2016 menée par Victoria Ratcliffe et David Reby de l’École de psychologie de l’université du Sussex, en Grande-Bretagne, le cerveau des chiens traite les mots de la même manière que le nôtre. Ils utilisent les deux hémisphères de leur cerveau, celui de gauche s’occupant plus particulièrement du contenu phonémique (les sons qui constituent les mots) alors que celui de droite est plus sensible à l’intonation, à l’émotion et à la reconnaissance de la personne qui parle. Alors, continuez de tenir des conversations avec votre chien, mais si vraiment vous souhaitez qu’il vous écoute mettez-y les formes. 

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