Immersion dans le championnat du monde du chien de sauvetage

Recherche et sauvetage : un Français aux championnats du monde


  • Recherche et sauvetage : un Français aux championnats du mondePhoto : A. Beinat
  • Bons plans/ Événements

    Le week-end dernier, Marc Courtois et son chien Gibbs se sont qualifiés pour les championnats du monde de chien de secours et de sauvetage IRO qui se dérouleront en France en septembre prochain. Ils représentent, après ces épreuves de qualification, la seule chance pour notre pays.

    Si la France accueillera cette année, du 17 au 22 septembre, la 25è édition des championnats du monde de chiens de secours et de sauvetage IRO, on ne peut pas dire que notre pays alignera une foule de compétiteurs. A l’issue des épreuves de qualifications  qui se sont déroulées le week-end dernier à Villejust (dans l’Essonne), un seul binôme a obtenu le minimum de 250 points qui permettent d’obtenir le sésame pour la compétition mondiale : Marc Courtois et Gibbs, son berger malinois. Il se trouve que Marc Courtois est aussi l’organisateur de l’événement.

    A. BeinatEn obéissance et dextérité, les chiens doivent franchir une passerelle en restant sur les tasseaux rouges…

    Les épreuves de qualification se sont déroulées à Villejust, un site unique en Europe pour l’entraînement des chiens de recherche. Plusieurs dizaines de duos maître-chien étaient présents, issus de plusieurs pays. Lors des championnats du monde, 120 duos représenteront une quarantaine de pays, dont la France, qui avec la qualification de Marc Courtois et Gibbs, son berger malinois, peut d'ores et déjà compter sur une équipe.

    A. BeinatMarc Courtois, lieutenant, "lance" Gibbs sur le terrain des décombres où il doit rechercher trois vitimes ensevelies. 

    Deux épreuves de qualification

    Pour chaque candidat, deux épreuves étaient au programme. L’une commune à tous teste l’obéissance et la dextérité de l’animal. Elle cumule plusieurs ateliers qui mettent l’écoute et l’obéissance du chien à rude épreuve : immobilité, coups de feu, passage parmi des chiens, suivi, passage de passerelles, de tunnel… chaque détail est analysé par un juge qui a l’œil sur tout.

    Une fois ce « tronc commun » réalisé, les chiens se divisent sur des ateliers selon la spécialité dans laquelle ils veulent concourir : décombres, quête ou pistage. Toutes correspondent à des réalités de terrain pour retrouver des victimes, mortes ou vivantes.

    A. BeinatGibbs a "senti" une victime sous ce tas de gravats. Marc Courtois est autorisé par la juge de terrain à aller constater sur place.

    La recherche en décombres se situe dans un cadre où est reconstitué un quartier urbain après un séisme ou une explosion. Pour le chien, il s’agit de trouver, en 30 minutes, trois « victimes » (des volontaires) sous des masses de matériaux. Dans cette épreuve, l’animal doit opérer seul. Le maître-chien n’a pas l’autorisation d’accéder au site qui pourrait se révéler dangereux car instable. Le chien, plus léger, doit alors inspecter chaque recoin pour détecter l’odeur d’une personne ensevelie. La difficulté réside dans l’autonomie dont l’animal doit faire preuve, même si son maître peut le guider dans sa recherche par la voix et le geste.

    A. BeinatCette candidate belge lance son chien sur l'épreuve de quête. Il doit travailler seul.
    Elle reste sur le chemin.

    La quête consiste à retrouver, sur un terrain délimité, trois personnes sur un site boisé, dense avec des ronces, sur un terrain de 4 hectares en 30 minutes. Le maître doit laisser aller son animal à droite ou à gauche sur 50 à 100 mètres. Là encore, le chien doit être capable de travailler en autonomie, mais aussi faire preuve d’audace en s’enfonçant dans les sous-bois, dans les ronces, dans les ravins ou sur tout terrain accidenté.

    Dans l’épreuve de pistage, le chien doit retrouver et isoler une odeur parmi des dizaines d’autres. Et doit reconstituer, pas à pas, le cheminement de la personne disparue, sans éviter une partie de l’itinéraire emprunté (pas de raccourci). Des objets sont disposés sur l’itinéraire pour s’assurer que le chien n’a pas « coupé » le tracé.

    Lors des championnats du monde de septembre prochain, la majorité des chiens se répartiront sur les épreuves de décombres et de quête (50-50 peu ou prou) et seulement une dizaine concourront en pistage.

    A. BeinatA Villejust, dans l'Essonne, un terrain reconstitue une zone suite à un séisme ou à une explosion. Ici, un hôtel détruit où le chien doit entrer seul et inspecter le toit, les salles et couloirs…
    Son maître n'a pas le droit de pénétrer dans la zone.

    Un seul Français qualifié

    Le week-end dernier, Marc Courtois, lieutenant sapeurs pompiers et responsable des équipes cynotechniques des sapeurs-pompiers de l’Essonne, est le seul à s’être qualifié en obtenant notamment 192 points sur 200 en « décombres » et 79 sur 100 en obéissance et dextérité. Les autres Français (Daniel Buriller et son chien Huit des Empereurs de Salem, Mourad Ghroum avec son chien  INDY, et Nicolas Hoarau avec Ipso) auront une deuxième chance, dans 15 jours en Belgique, où des qualifications sont prévues. Chaque pays organise en effet son épreuve de qualification à laquelle tous les concurrents peuvent tenter d’obtenir ce minimum de 250 points.

    Il faut donc encore attendre pour savoir si notre pays présentera ou non une équipe…

     

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