Médecine vétérinaire : c'est déjà demain

L'E-Medecine, science-fiction ou réalité ?


  • L'E-Medecine, science-fiction ou réalité ?Photo : Shutterstock
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    Si elle existe déjà en médecine humaine, la télémédecine ou médecine numérique n’en est qu’à ses balbutiements dans le domaine vétérinaire. Mais des initiatives individuelles émergent qui assurent une prise en charge médicale à distance de nos animaux.

    Soigner Cookie depuis son ordinateur ? La question n’est plus impensabe aujour­d’hui et des expériences existent déjà. Qu’on l’appelle e-santé, télémédecine, médecine connectée…, cette pratique encore peu encadrée se rapporte à la médecine qui englobe les consultations à distance par l’intermédiaire de questions posées par courriel ou sur un site Internet à un vétérinaire qui peut se trouver à l’autre bout du globe !

    La médecine humaine avait déjà commencé à réfléchir à la télémédecine et à la formaliser dès la fin des années 1990 (l’Organisation mondiale de la santé en a donné une définition officielle en 1997 et la France a légiféré sur sa mise en application dès 2009). La technologie s’applique aujourd’hui à quatre grands domaines (la consultation, l’expertise, la surveillance et l’assistance) qui pourraient bien, et le sont déjà pour certains, être transposés à la médecine vétérinaire.
    Appliquée à nos animaux de compagnie, cette médecine « con­nectée » pose bien sûr la question de la fiabilité des dispositifs technologiques utilisés pour recueillir les données de santé. Comme, par exemple, les colliers connectés qui enregistrent l’activité, le sommeil de son animal… Les moyens techniques eux-mêmes sont concernés, et notamment l’infaillibilité des messageries électroniques par lesquelles transitent les résultats d’examens par exemple. Le recours à des messageries sécurisées et la mise en ligne de sites spécialisés sont de nature à étouffer les inquiétudes qui com­mencent à poindre.

    Aujourd’hui, les applications sur nos animaux de compagnie de la médecine à distance restent limitées, il faut bien l’avouer, et notre pays n’est pas le plus en avance dans le domaine, même si le potentiel de développement est important, si l’on en croit les spécialistes, tout simplement parce que la génération ultra-connectée des 18-35 ans pousse à la roue.

    Des normes paramétrées

    D’ores et déjà, ce sont les capteurs intelligents d’activité qui semblent décoller. Fixés sur le collier du chien, ils permettent d’avoir une idée assez précise du niveau d’activité d’un animal, de ses temps de repos et de leur durée. Si l’animal sort des normes admises pour sa race et son âge, une alerte peut être envoyée à son propriétaire ou au vétérinaire. Le propriétaire peut aussi paramétrer lui-même les normes du collier capteur pour adapter les alertes au profil de son chien. Ces informations sont utiles dans le cas d’un chien atteint d’arthrose afin de voir si sa mobilité ne chute pas trop, si les exercices recommandés sont réalisés ou d’alerter en cas d’immobilité prolongée. L’application d’un tel outil peut s’étendre aussi à un animal qui vient d’être opéré, par exemple des ligaments croisés, et qui doit reprendre progressivement une activité physique.

    Récemment, une puce d’iden­tification électronique pour carnivores domestiques a été lancée auprès des vétérinaires. Dotée d’un biocapteur de température intégré, elle permet le suivi de la température d’un animal. Un tel dispositif ouvre la voie au monitoring connecté, le vétérinaire pouvant, à distance, veiller à la santé de ses patients.

    On le voit, les champs d’application sont vastes. Mais quelques obstacles restent à franchir. A commencer par le fait que ce n’est pas l’animal qui sera pas au bout du fil ou derrière l’écran, mais son maître. Or, si un patient humain peut décrire les symptômes ou douleurs qu’il ressent, on imagine bien que cela sera difficile pour le vétérinaire d’interpréter des informations qui n’émanent pas directement de l’animal mais qui sont déjà plus ou moins interprétées par son maître.
    C’est pourquoi, même si le mouvement est inéluctable en médecine vétérinaire, les discussions actuelles tendent à restreindre son usage en termes de diagnostic. Par définition, un diagnostic vétérinaire ne peut être établi qu’à l’issue d’un examen clinique sous la supervision d’un vétérinaire « physique ». Ce n’est donc pas encore pour demain matin que Cookie sera soigné derrière un écran d’ordinateur…