Journée mondiale des océans : comment lutter contre le plastique ?


  • Journée mondiale des océans : comment lutter contre le plastique ?Photo : Shutterstock
  • Faune sauvage/ Océans

    Vendredi 8 juin est une journée internationale de sensibilisation au sort des océans. Cette année, elle est centrée sur le thème de la pollution plastique, qui tue 1 million d'oiseaux de mer et 100 000 mammifères marins par an.

    8 Millions de tonnes : c’est ce que représentent les déchets plastiques abandonnés chaque année dans les océans, faisant des ravages sur la faune marine, ainsi que sur l’économie de la pêche et du tourisme. La situation est tellement inquiétante que la Journée mondiale de l’environnement, le 5 juin, ainsi que la Journée mondiale des océans, le 8 juin, ont toutes deux pour thème, cette année, la pollution plastique.

    La Journée mondiale de l’océan a été crée par les Nations unies à l’occasion du Sommet de la Terre, qui s'est tenu à Rio de Janeiro, au Brésil, en 1992. « Le but de cette journée est de célébrer les océans, et de sensibiliser le grand public au rôle crucial qu'ils jouent dans notre subsistance, ainsi qu'aux différents moyens qui existent pour les protéger », rappellent les organisateurs sur le site de l’événement.

    Cette année, les Nations unies s’adressent directement aux consommateurs que nous sommes afin de nous alerter sur la quantité démesurée de déchets que nous produisons. On estime que 80 % de toute la pollution des océans provient des déchets venant de la terre ferme. Cette pollution par le plastique coûte à l'océan 1 million d'oiseaux de mer et 100 000 mammifères marins par an. Sans oublier l’impact sur la santé humaine, puisque si les poissons mangent du plastique, nous-mêmes mangeons ces poissons, rappelle l’ONU.

    Des plus petites créatures aux baleines : tout l’écosystème impacté

    L’Asie est l’une des plus importantes sources de cette pollution. Cinq pays asiatiques, la Chine, l’Indonésie, les Philippines, la Thaïlande et le Viêtnam rejettent à eux seuls plus de quatre millions de tonnes de plastique par an dans les mers du monde, soit la moitié du total des rejets, selon l'ONG Ocean Conservancy. Et si rien n'est fait, d'ici à 2025, ce seront 250 millions de tonnes de déchets plastiques qui seront accumulés dans les eaux du globe, selon les chercheurs. « Nous sommes en plein dans une crise de pollution plastique, on en voit partout, dans nos rivières, dans nos océans, partout », détaille à l’AFP Ahmad Ashov Birry, membre de Greenpeace en Indonésie.

    Cas tristement emblématique des effets de cette pollution sur la faune marine : une baleine, morte en Thaïlande début juin, dans le corps de laquelle les vétérinaires ont retrouvé plus de 80 sacs plastiques. « La pollution de nos océans est si grande que cela touche désormais tous les niveaux de l'écosystème, des plus petites créatures aux baleines », déplore John Tanzer, du WWF.

    Les tortues marines font également partie des animaux particulièrement impactés par la présence de déchets plastiques dans les océans. La principale menace pour elles provient des sacs en plastique, qu’elles confondent avec des méduses ou d’autres sources de nourriture. « Cela provoque une occlusion… mais elles ont toujours faim, alors elles continuent de manger. Ca s’accumule, ça s’accumule, et elles finissent par imploser. Ou bien elles souffrent tellement qu’elles sentent qu’elles doivent cesser de manger. Alors elles meurent de faim », explique à l’AFP Casper van de Geer, directeur du Local Ocean Conservation, qui prend en charge les tortues en détresse de Watamu, au sud-est du Kenya.

    Le fléau des objets jetables

    Les filets de pêche abandonnés en mer font également partie des polluants plastiques. Ils créent ce que l’on appelle « la pêche fantôme ». En flottant dans l’océan, les filets prennent dans leurs mailles des quantités d’animaux marins qui n’ont que peu de chance de réchapper de ces pièges redoutables. Mais les déchets sont également produits par tout le plastique à usage unique : bouchons, briquets, emballages, rasoirs, bouteilles, pailles, couverts, film fraîcheur, etc. représentant 50 % du plastique produit dans le monde. Ce sont eux qui constituent l’essentiel des déchets des océans.

    Shutterstock

    « Les plastiques légers et résistants flottent sur l’océan, libérant des substances polluantes lorsqu’ils se désagrègent en microparticules toxiques que les animaux confondent avec de la nourriture, détaille l’Unesco. Les poissons et les oiseaux peuvent s’étouffer avec ces particules qui les rendent malades lorsqu’elles s’accumulent dans leur estomac. Ils peuvent également s’étrangler avec des déchets plus gros. »

    Pour lutter contre cette pollution, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé à bannir les produits en plastique à usage unique qui « seront plus nombreux que les poissons en 2050 si la tendance actuelle continue ». La Commission européenne a pour sa part présenté, le 28 mai dernier, un projet de directive prévoyant d'interdire cinq catégories de produits jetables en plastique :

    – les Cotons-Tiges (hors usage médical spécifique) ;

    – les couverts jetables ;

    – les pailles (hors usage médical spécifique) ;

    – les touillettes pour les boissons ;

    – les bâtons utilisés pour fixer les ballons gonflables et leur dispositif de fixation.

    No Plastic Challenge 

    Ces mesures doivent être discutées par le Parlement et le Conseil européen, mais la Commission espère une entrée en vigueur de ces interdictions à l’horizon 2020. En attendant, plusieurs initiatives sont lancées pour inciter chaque citoyen à agir sur sa consommation.

    Des campagnes comme #CombattreLaPollutionPlastique des Nations unies ou le #NoPlasticChallenge de L’association No plastic in my Sea, invitent tout un chacun à se lancer un défi : abandonner au moins l’un des produits plastique à usage unique que l’on utilise régulièrement dans notre quotidien.

     


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