Les vautours : mieux les connaître pour mieux les protéger


  • Les vautours : mieux les connaître pour mieux les protégerPhoto : Shutterstock
  • Faune sauvage/ Oiseaux

    À l’occasion de la Journée internationale de sensibilisation aux vautours, le premier week-end de septembre, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) coordonne une série d’événements, du 19 août au 8 septembre, partout en France.

    Le premier week-end de septembre, plusieurs pays organisent des actions de sensibilisation pour défendre les vautours, oiseaux nécrophages à la mauvaise réputation qui jouent pourtant un rôle fondamental dans nos écosystèmes. En France, la LPO coordonne, du 19 août au 8 septembre, une série de manifestations, dont la programmation est à retrouver sur un site dédié à l’événement : sorties sur le terrain, ateliers pédagogiques, expositions, projections de films, etc.

    Partout dans le monde, les vautours sont en déclin, et en France, leurs populations restent faibles. Espèces menacées, ils bénéficient dans l’Hexagone de plans nationaux d’actions et certaines espèces ont pu bénéficier de programmes de réintroduction.

    Quatre espèces de vautours en France

    Wikipedia Commons

    Le vautour moine est classé dans la catégorie « vulnérable » sur la Liste rouge des espèces menacées en France. Disparu de notre pays au début du XXe siècle, il a fait son retour grâce a des programmes de réintroduction. Le premier a débuté dans les années 1990, dans le parc naturel régional des Grands Causses. Dans les années 2000, des dizaines d’individus ont également été lâchés dans la Drôme et dans le Verdon. On compte aujourd’hui moins de 30 couples de vautours moines sur notre territoire.

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    Les effectifs de vautours percnoptères sont plus importants, mais sa population ne cesse de baisser. En Europe, en l’espace de quarante ans, plus de 50 % de la population de percnoptères aurait disparu. En France, ce vautour ne se trouve plus que dans la région méditerranéenne et dans les Pyrénées. Pour enrayer son déclin, un plan national de préservation a été adopté au début des années 2000, ce qui a permis de stabiliser les effectifs.

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    Le vautour fauve a presque complètement disparu en France entre 1920 et 1950. Seule une petite colonie subsistait alors dans les Pyrénées, dans la vallée d’Ossau. Au début des années 1970, la LPO (alors appelé Fonds d’intervention pour les rapaces) et le parc national des Cévennes opèrent la première réintroduction du vautour fauve au monde. Depuis, l’espèce a été réintroduite dans le Massif central, les Alpes et les Pyrénées. On compte actuellement environ 40 couples en France et la population croît plutôt bien. Il subsiste cependant un gros problème d’information concernant ce vautour. Certains éleveurs combattent sa présence, pensant à tort qu’il est un prédateur pour leurs troupeaux.

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    Le gypaète barbu a, lui aussi, longtemps souffert d’une très mauvaise image. Il a notamment été accusé d’enlever les enfants ! On compte aujourd’hui 54 couples en France, répartis entre la Corse, les Pyrénées et les Alpes. Deux programmes de réintroduction dans le Vercors et dans les Grands Causses ont été mis en place en 2010 et 2012 pour relier les populations alpines et pyrénéennes. Le gypaète barbu est connu pour son étonnante manière de se nourrir : mangeur d’os, il les laisse tomber de plusieurs mètres de hauteur lorsque ceux-ci sont trop gros pour être avalés. Brisés, les os peuvent alors être ingérés.

    Les principales menaces et les causes du déclin des populations

    Selon Yvan Tariel, directeur de la mission rapaces de la LPO, plusieurs causes expliquent le déclin progressif des vautours en France, à commencer par différentes lois sur l’équarrissage (collecte et élimination d’animaux morts) introduites en France depuis 1902. En interdisant aux éleveurs de laisser des carcasses pour des raisons de santé publique, on a diminué drastiquement la nourriture des vautours. Dans les années 1990, après les premiers programmes de réintroduction, une nouvelle réflexion sur l’utilisation des rapaces nécrophages comme équarrisseurs naturels a permis de faire évoluer la loi. Les éleveurs ont désormais la possibilité de laisser des carcasses pour les vautours dans un endroit spécifique, sur autorisation du préfet. « Cela représente notamment un avantage économique pour l’éleveur, qui n’a pas besoin de faire appel aux services coûteux d’un équarisseur. Il s’agit d’un système qui se développe bien dans les Pyrénées, le Massif central et les Alpes, et qui intéresse l’Espagne et l’Italie » précise Yvan Tariel.

    D’autres causes ont conduit à la quasi-disparition de certaines espèces, comme la chasse au trophée, qui a fortement impacté les populations de gypaètes barbus et de vautours fauves. Aujourd’hui, malgré leur statut d’espèces protégées, des menaces planent toujours sur les vautours, comme le poison, utilisé par exemple contre le renard ou le loup, qui touche aussi le vautour, se nourrissant de carcasses infectées. Les percussions contre les poteaux électriques et les électrocutions, les accidents avec les éoliennes, ainsi que les perturbations engendrées par des randonneurs trop curieux en pleine période de reproduction des vautours font partie des autres dangers pesant sur ces oiseaux.

    Les programmes de réintroduction

    Les réintroductions concernent le vautour moine et le gypaète barbu. L’un des objectifs est de reconstituer l’ensemble de la population des vautours qui assurent des rôles complémentaires : le vautour fauve mange les viscères et les parties les plus tendres, le vautour moine, grâce à son bec tranchant, prélève la peau, les tendons et un peu de viande, et le gypaète barbu ne mange que les os, une fois que tout le monde a fini son repas. Le percnoptère, grâce à son bec long, fin et recourbé, cure les os et « picore » les restes laissés par les autres vautours. Son alimentation est plus diversifiée, il peut aussi manger des insectes, des excréments, des reptiles ou des cadavres de petits mammifères.

    Malgré les réintroductions, les populations restent faibles. Il ne faut donc pas relâcher les efforts, souligne Yvan Tariel. Grâce aux programmes nationaux et européens de réintroduction, la France est en passe de devenir le pays du Vieux Continent où la situation des vautours est la plus favorable. 


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