Les sentinelles de la maltraitance

  • Katia RENARD, Rédactrice en chef du magazine 30 millions d'amis
    Katia RENARD, Rédactrice en chef du magazine 30 millions d'amis
  • Depuis quelques semaines, il ne fait pas bon maltraiter les animaux en Norvège. Baptisée dyrepoliti (police des animaux en norvégien), une brigade composée d’un enquêteur, d’un juriste et d’un coordinateur est chargée de faire respecter les droits des animaux et de les protéger. Si ce n’est pas une première dans le monde, le fait est suffisamment rare pour valoir d’être rapporté.

    Limitée aujourd’hui à un seul comté, situé dans l’ouest du pays, la mise en place de cette police spécialisée devrait être testée sur trois ans avant d’être étendue au pays tout entier.
    Trois ans, c’est à la fois beaucoup et peu tant le silence qui entoure traditionnellement la violence faite aux bêtes a la vie tenace. Mais les espoirs que les langues apprennent à se délier sont grands en Norvège, surtout parce que derrière la maltraitance animale se cache souvent celle d’un ou de plusieurs humains.
    Et c’est bien là l’objectif de cette nouvelle unité dont la création doit beaucoup à une enquête de l’Institut de criminologie de Cambridge qui a révélé, en 2007, qu’une partie des personnes qui commettent des crimes contre les animaux le font aussi contre des personnes.

    En reconnaissant à nos animaux le statut d’êtres sensibles, notre pays s’est donné un socle solide sur lequel une telle police pourrait travailler sans choquer les consciences. Et les réveiller même ! Car quoi de plus noble que de protéger les hommes en protégeant leurs bêtes ? Et cela ne s’applique pas qu’à l’animal de compagnie. Pensons un peu combien nous nous maltraitons en maltraitant les bêtes appelées à nous nourrir…