Le magazine

Article

Vidéo

Adoption

Service

races

Monique, la poule aventurière

  • 530 vues

  • Monique, la poule aventurièrePhoto : Jean-Philippe Mélégrier
  • Belles histoires d'animaux

    Ce gallinacé intrépide parcourt les océans de la planète en compagnie de Guirec, un jeune Breton bien décidé à vivre ses rêves. Un chien, Bosco, a rejoint l’équipage atypique et attachant qui a un nouvel objectif en tête: l’Antarctique.

    Elle a fière allure Monique, les plumes au vent et le bec tourné vers l’horizon à la proue de son bateau. Destin peu commun pour une poule, Monique est devenue une aventurière parcourant le monde à bord d’un voilier en compagnie de son heureux propriétaire, Guirec Soudée. «La star c’est elle», précise ce Breton de 24 ans, baroudeur dans l’âme. Depuis qu’il a pris la mer avec «Momo», il y a plus de trois ans, ses aventures sont suivies par un nombre croissant de personnes sur les réseaux sociaux, dépassant aujourd’hui les 100000 fans!
    L’histoire a de quoi étonner. Rarement on aura vu une poule à la patte aussi marine et au caractère aussi bien trempé. Grâce à ce tempérament, elle s’est forgée une vie que bien de ses congénères envieraient. Comme le souligne Guirec, «tout ce que Monique a fait et a vu est exceptionnel par rapport à un pourcentage énorme de poules qui n’ont jamais vu la lumière du jour!»

    Un coup de foudre

    L’histoire de Guirec et Monique est née d’un rêve d’enfance du jeune homme: faire le tour du monde. Après avoir économisé suffisamment d’argent, Guirec, second capitaine sur un crevettier en Australie, fait l’acquisition d’un voilier déjà bien usé par la mer. Retapé avec amour, le bateau est baptisé Yvinec, en hommage à l’île natale du jeune marin. Deux ou trois tours de voiles au large de Plougrescant, dans les Côtes-d’Armor, et un bon sens de la mer: il n’en fallut pas plus à Guirec, à peine 22 ans alors, pour se lancer dans la traversée de l’Atlantique en solitaire… ou presque. Car, lors d’une escale aux Canaries, des amis lui ont offert une compagne de route, une jolie poule aux reflets roux.
    À bord du voilier, les anciens propriétaires avaient laissé un bol typiquement breton, avec deux oreillettes sur le côté et un prénom peint : Monique. L’identité de la nouvelle occupante était toute trouvée. «ça a été le coup de foudre, confie Guirec. Je ne pensais pas qu’on pouvait s’attacher à une poule comme on pouvait le faire avec un chien ou un chat.» Et pourtant... «Dès le début, Monique a investi tout le bateau et s’est montrée très affectueuse. Elle n’était pas stressée du tout, elle a même pondu 25 œufs en 28 jours de traversée!» Aussi à l’aise sur le plancher des vaches qu’en haute mer, Monique ne semble avoir peur de rien. Elle est capable de traverser le pont tandis que des vagues cognent le voilier, et de se redresser d’un simple coup d’aile. Il lui est bien arrivé de tomber à l’eau une ou deux fois, mais seulement lorsque le bateau était à quai. Sans jamais paniquer, Monique, qui a appris à nager avec Guirec aux Antilles, sait qu’elle doit se rendre à l’arrière du voilier où son fidèle compagnon de route peut la récupérer et la sécher.

    un soutien indéfectible

    Leur plus grande aventure, le marin et sa poule l’ont vécue au Groenland, où ils se sont fait prendre volontairement dans les glaces, amarrés dans une petite baie «pas très abritée et loin de toute habitation». Guirec y a vécu l’une de ses plus dures épreuves. «J’ai appris la mort de mon père le premier jour où je suis arrivé dans cette baie. De là où j’étais, même en prenant l’avion, j’aurais mis plus d’une semaine pour rentrer en France. Je savais que je ne pouvais pas assister à l’enterrement de mon père. J’ai donc vécu ce moment loin de tout le monde, ça a été très dur à encaisser. Mais j’ai eu le temps de réfléchir, de me poser. Cette expérience du Groenland a été très dure, mais aussi très belle pour tout ce que j’ai pu y voir.»
    Dans cette épreuve, tant physique que morale, Guirec a pu compter sur le soutien indéfectible de Momo qui a pondu près de 100 œufs pendant l’hivernage de 130 jours. «C’est grâce à elle que j’ai survécu», affirme même le marin qui, parti avec peu de nourriture, pensait se nourrir en chassant. «Je me souviens d’un phoque que j’ai eu dans la lunette de ma carabine. Je savais qu’en le tuant j’aurais de la nourriture pendant un bon moment, mais il m’a regardé et ses yeux me disaient: “Mais qu’est-ce que tu es en train de faire?”. Je n’ai jamais pu tirer.»

    Objectif vendée globe

    Guirec en est sûr,  Monique lui a apporté une «nouvelle relation avec les animaux. Je n’ai plus du tout le même regard sur eux. Pendant que j’étais enfermé dans les glaces, je parlais beaucoup à Momo. Elle me faisait rire et m’apportait du réconfort. Je ne sais pas si elle sent quand ça ne va pas, mais dans les moments pas très rigolos, elle a toujours été présente et est venue se blottir contre moi. C’est quelqu’un qui est devenu très important dans ma vie».
    Mais il n’est pas toujours facile de naviguer avec une poule, surtout lorsque l’on doit se présenter aux douanes de différents pays. Guirec a déjà eu de belles frayeurs, notamment au Canada où il a effectué quelques heures de prison pour ne pas avoir déclaré la présence de Monique aux garde-côtes, de peur de la perdre. Heureusement, en expliquant son voyage et grâce, certainement, à la notoriété de Monique sur Internet, tout s’est arrangé et les deux aventuriers ont pu continuer leur route.
    Celle-ci les a menés en Alaska où Guirec et Monique ont rencontré Bosco, un chiot de quelques mois, moitié husky, moitié setter irlandais, qui n’a plus quitté l’atypique équipage. «La cohabitation entre Momo et Bosco s’est tout de suite bien passée, même s’il faut que je fasse attention. Bosco veut sans cesse jouer avec Monique mais ne se rend pas toujours compte de sa force.»
    Bosco s’est montré aussi à l’aise sur l’eau que sa coéquipière, même s’il n’a pas encore effectué de longue traversée en mer. «Il aura besoin de se dépenser, il faudra canaliser son énergie. L’idée est de nager ensemble le plus souvent possible, pour profiter pleinement du voyage», s’enthousiasme Guirec. Mais Bosco a encore du chemin à faire pour devenir aussi bon matelot que Monique. Guirec croit si fort en sa poule qu’il ambitionne de participer avec elle au prochain Vendée Globe, en 2020… En attendant, le marin prépare une nouvelle expédition, en mettant cette fois le cap vers l’Antarctique. Les aventures de Momo sont loin d’être terminées!


    En savoir plus : voyagedyvinec.com


    Autres articles à lire

  • Les pionniers de la protection animale

    09/03/2017

    Christian Zuber, Jean-Pierre Hutin, Brigitte Bardot... Notre volonté de nous engager trouve souvent sa source dans des modèles: les précurseurs de la protection animale. Ils sont quelques uns à avoir ouvert la voie à une plus grande considération des animaux et de leur bien-être. Portraits

    Belles histoires d'animaux
  • Parole de chien : s’engager avec son animal

    14/03/2017

    L’association « Parole de chien » est à la recherche de maîtres bénévoles avec leur chien, en région parisienne, pour réaliser des visites et des animations auprès de personnes âgées dans les maisons de retraite.

    Belles histoires d'animaux
  • Plume, la poule aux œufs d'or

    08/07/2017

    Cette belle faverolles vivant dans la Sarthe a obtenu, en juillet dernier, le titre convoité de Miss Poule 2016. Rencontre avec ce gallinacé distingué et ses heureux propriétaires, la famille Dubois.

    Belles histoires d'animaux
  • Une sculpture en chocolat en hommage au rhinocéros de Thoiry

    13/04/2017

    A l’occasion des fêtes de Pâques, le sculpteur et pâtissier chocolatier Eric Thévenot, ému par la disparition du rhinocéros Vince, abattu en mars dernier au zoo de Thoiry à cause de sa corne, lui rend un bel hommage avec une imposante sculpture à son effigie.

    Belles histoires d'animaux
  • Merlin, le nouveau chat (déjà star) du youtubeur Norman

    23/03/2017

    Connu pour ses vidéos humoristiques sur YouTube, le jeune homme, qui a récemment perdu son chat Sergi, présente sa «nouvelle boule de poils», Merlin, adopté à la SPA.

    Belles histoires d'animaux
  • Happy Feet : la gygis sauvée des eaux à Tahiti

    27/01/2017

    La Société d’Ornithologie de Polynésie « Manu » s’est mobilisée pour sauver une gygis, baptisée Happy Feet, et plusieurs autres oiseaux et oisillons menacés par les pluies diluviennes qui se sont abattues sur les îles de Tahiti et Moorea en janvier.

    Belles histoires d'animaux
  • Minous à la ferme : des chats sauvés grâce aux rongeurs

    23/03/2016

    Dans l’Etat de Washington, aux Etats-Unis, des chats de refuges jugés inadoptables sont placés dans des fermes où ils font carrière comme chasseurs de rongeurs. Une reconversion organisée par le refuge SpokAnimals afin de leur éviter l’euthanasie.

    Belles histoires d'animaux
  • Le tour de Corse à la rame pour payer un chien d’as

    10/09/2015

    Le tour de Corse en kayak de mer de Clément et Mathieu Schaff leur a permis de récolter plus de 5000 € pour Handi chiens (handichiens.org). Soit près de la moitié du budget nécessaire au financement de la formation d’un guide canin qui s’élève à 13 500 €. Les chiens d’assistance de l’association sont remis à des handicapés pour leur prêter main-forte au quotidien.

    Belles histoires d'animaux