Tique : Évaluer le risque de transmission de la maladie de Lyme


  • Tique : Évaluer le risque de transmission de la maladie de LymePhoto : Shutterstock
  • Faune sauvage/ Insectes

    La maladie de Lyme fait beaucoup parler d’elle actuellement et elle fait même l’objet d’un plan national de prévention. Parmi les maladies potentiellement transmises par les tiques, c’est en effet la plus fréquente (29 000 cas sont diagnostiqués en France chaque année) et l’incidence réelle est probablement supérieure. Il ne faut cependant pas s’alarmer à tort car il existe plusieurs moyens de prévenir la maladie.

    La prévention de la maladie de Lyme repose sur des moyens simples, à condition de savoir ce qu’il faut faire. Se prémunir contre les morsures de tiques, retirer rapidement le parasite si par hasard il venait à se fixer sur la peau et repérer les signes d’une infection éventuelle afin de réagir précocement, tels sont les trois niveaux de la lutte contre la maladie de Lyme.

    Un risque à relativiser

    Rassurons d’emblée les hypochondriaques : d’abord toutes les tiques ne sont pas contaminées par la bactérie responsable de la maladie de Lyme, loin de là ! Seule une petite minorité l’est. Ensuite, en cas de morsure par une tique contaminée, l’infection ne se développe que chez 10 % des sujets et 95 % des personnes infectées ne manifestent aucun symptôme : la preuve du contact avec la bactérie ne peut être donnée que par la détection d’anticorps spécifiques dans le sang.

    Au final, seulement 5 % des personnes récemment infectées développent des symptômes caractéristiques de maladie de Lyme (ou borréliose), en général 2 à 6 semaines après la morsure. Dans 90 % des cas, il s’agit de signes cutanés localisés à l’endroit de la morsure, facilement détectables.

    Il n’y a pas que la maladie de Lyme... Les tiques peuvent être infectées par d’autres agents pathogènes que les borrélia transmettant la maladie de Lyme. Des recherches mettent souvent en évidence la coexistence de plusieurs bactéries, virus ou parasites chez une même tique. En cas de morsure par une tique, si des symptômes anormaux apparaissent, il est donc important de consulter son médecin même si le test de détection des borrélia est négatif.

    Se prémunir des morsures de tiques

    Pour éviter de contracter la maladie de Lyme, il faut éviter de se faire mordre par des tiques ! Sachant que ces parasites vivent dans des endroits végétalisés (bois et prairies arborées surtout), la prudence élémentaire consiste à porter des vêtements couvrants quand on se promène à la campagne. Les jambes sont évidemment les parties à protéger en priorité puisque les tiques attendant de se fixer sur un hôte de passage sont en général accrochées a un brin d’herbe...

    A lire aussi : Comment protéger votre animal contre les tiques ?

    Il est vrai que l’été, le port du pantalon et d’une chemise a manches longues est parfois contraignant : le plus simple est alors d’appliquer préventivement sur la peau une lotion spéciale qui repousse les tiques (demandez conseil à votre pharmacien pour le choix du répulsif).

    Inspecter la peau après une promenade en zone à risque Que vous ayez ou non utilise un insectifuge, inspectez toujours les zones de peau nue après une balade dans une zone à risque. Prêtez attention à toute démangeaison anormale. Si par malchance une tique avait réussi a s’accrocher a votre peau, enlevez-la rapidement. Pour cela, utilisez une pince à tique (ou « tire-tique »), qui permet d’extraire le parasite sans le casser. Cette pince, que l’on accroche a la tique avant de la retirer en tournant, diminue le risque d’infection locale. Après extraction de la tique, désinfectez la zone mordue.

    ShutterstockTire-tique

    Savoir reconnaître des signes anormaux

    Une tique ne transmet la bactérie responsable de la maladie de Lyme que lorsqu’elle est bien installée sur la peau. Si vous enlevez une tique dans les heures suivant sa fixation, le risque de transmission est donc minime. Néanmoins, surveillez toujours attentivement la zone de morsure dans le mois qui suit. En cas de contamination, une rougeur apparaît à partir du point de piqûre de la tique et se développe de manière centrifuge en 3 à 30 jours. (En général, il n’y a pas de démangeaison associée). Si vous repérez une lésion de ce type, consultez votre médecin. S’il confirme l’infection, il prescrira un traitement antibiotique cible sur la bactérie (borrélia) qui empêchera la maladie de provoquer d’autres symptômes.

    Se rassurer après une morsure de tique ?

    Une personne qui a été mordue par une tique peut aujourd’hui s’éviter un mois d’inquiétude en sachant tout de suite si la tique retirée de la peau était ou non porteuse de l’agent de la maladie de Lyme. Un test de dépistage est en effet disponible en pharmacie. Pour que ce test soit fiable, le mode d’emploi doit être scrupuleusement respecte.

    A lire aussi : Protéger l’homme en traitant les parasites des animaux domestiques

    Il faut d’abord introduire la tique (que l’on aura donc pris soin de conserver après extraction !) dans une éprouvette contenant un liquide révélateur. La tique sera ensuite écrasée soigneusement a l’aide d’un accessoire en bois fourni dans le kit. Le contenu de la tique se mélange ainsi au liquide révélateur. Il est important de respecter toutes ces étapes car s’il y a des bactéries contaminantes, elles sont dans le tube digestif de la tique. Avec une pipette, on aspire alors quelques gouttes du liquide révélateur que l’on dépose enfin sur une bandelette spéciale.

    Le résultat est obtenu aussitôt : un trait de contrôle apparait d’abord sur la bandelette, qui indique qu’il y a suffisamment de liquide révélateur. Si, au bout de 10 minutes, un second trait apparaît, le test est positif : la tique est contaminée par des borrélia, les bactéries responsables de la maladie de Lyme. Dans ce cas, il est recommandé de consulter son médecin en lui présentant les résultats du test.

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