Le quotidien étonnant d'un vétérinaire NAC


  • Le quotidien étonnant d'un vétérinaire NACPhoto : DocNAC - Instagram
  • N.A.C.

    Si vous avez un animal qui sort de l’ordinaire comme un perroquet, un serpent ou une mygale, il est préférable d’aller voir un vétérinaire spécialisé dans les NAC (nouveaux animaux de compagnie). Le docteur Olivier Pouyol, de la clinique du Molinel (59), nous parle plus en détail de son quotidien plein de surprises !

    Animaux-Online : Quel a été votre parcours ?

    Dr Olivier Pouyol : Je suis vétérinaire depuis 12 ans. J’ai fait un cursus commun – chiens, chats, chevaux, bovins – et, à mon époque, il n’y avait pas vraiment les NAC dans l’enseignement. J’ai donc eu une formation dans une clinique belge, ça a pris le pas sur les chiens et les chats et, quand on tombe dedans… on n’arrête plus jamais !

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    AO : Quels animaux recevez-vous ?

    OP : Nous recevons à la clinique 50 % de mammifères (lapins, furets, cochons d’Inde), 25 % de reptiles et 25 % d’oiseaux. Les poules sont d’ailleurs très à la mode en ce moment ! Dans la catégorie « animaux rares », il y a par exemple un homme qui est venu avec une mygale. Il voulait apprendre à la manipuler et à s’en occuper. Bon, c’est bizarre comme démarche de l’acheter puis de se renseigner, mais c’est mieux que de ne jamais venir... On a également eu des singes où le propriétaire avait un certificat de capacité et un grand terrain, ce qui fait que les douaniers, lorsqu’ils en saisissaient, lui apportaient. Après, dans les animaux « communs », on en a aussi des rares comme des lapins géants ou des tortues alligators. C’est vrai que plus l’espèce que l’on rencontre est exotique, plus on est comme des gosses, tout en gardant notre sérieux professionnel, évidemment ! (rires)

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

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    AO : Y a-t-il des animaux plus difficiles à soigner que d’autres ?

    OP : C’est sur les tortues que l’on fait le plus preuve d’imagination, comme utiliser des Lego pour les soigner. C’est le cas récent de Franklin qui a subi une fracture de la patte arrière gauche inopérable, mais qui ne l’empêchait pas de se nourrir et de se déplacer. Seulement voilà, cela faisait frotter la carapace à l’arrière et l’abîmait énormément. L’équipe a donc décidé de lui poser des roues de lego. Même chose sur une autre tortue qui s’était fait grignoter les pattes avant (cela arrive souvent lorsqu’elles hibernent et qu’elles ne sont pas surveillées). On a alors bien nettoyé et posé une barre de Lego avec des roues. Le support de la carapace est génial pour ça puisqu’il permet de coller avec de l’époxy, une résine utilisée sur les bateaux. On l’utilise également lorsqu’il y a une fracture de carapace, comme lorsque le chien joue un peu trop fort avec ou qu’une tondeuse passe un peu trop près... On met alors de la fibre de verre dans le trou et on recouvre de colle époxy. Sur les petits oiseaux et mammifères, il faut aussi faire preuve de réflexion, notamment dans les cas de fractures, car les broches habituelles pour les chiens et chats sont beaucoup trop grosses. Elles peuvent convenir à la limite à un lapin, mais c’est tout. Ainsi, j’ai déjà dû utiliser une aiguille pour le métatarse d’un chinchilla, par exemple !

     

     

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

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    AO : Comment évolue cette spécialisation ?

    OP : Les espèces sont tellement variées qu’il faut constamment se former afin de connaître les particularités de chacune (paramètres de vie, températures, vaccins…) et leurs maladies. Bien sûr, nous n’avons pas tout dans la tête, mais il faut savoir où retrouver rapidement l’information. Beaucoup d’espèces sont également très similaires, il faut juste en avoir connaissance. Par exemple, j’ai dû aller faire l’échographie d’un tapir au zoo de Lille. Je savais à l’avance que c’était fait comme un cheval, à l’intérieur.

    À lire aussi :  Le métier de vétérinaire se féminise

    La médecine vétérinaire sur les chiens et chats évolue, mais c’est encore plus rapide chez les NAC. Les propriétaires ne nous ont pas attendus pour avoir ces espèces, c’est pourquoi les vétérinaires ont dû se former. On accumule les formations, les compétences, les articles scientifiques, et ce, même si on se dit : « Peut-être que je ne vais jamais rencontrer cet animal ». En plus, il y a 10-12 ans, ces animaux étaient beaucoup moins médicalisés. Aujourd’hui, il y a la possibilité de le faire, mais aussi le relationnel avec son animal a énormément évolué. Les propriétaires sont plus attachés et se sentent plus concernés, je pense.

    AO : Vous êtes très actif sur les réseaux sociaux, pourquoi ?

    OP : Notre site et nos pages Facebook et Instagram ont été développés pour les propriétaires car, lors des consultations, il y a beaucoup de choses à dire et on peut y passer jusqu’à 1 h. On se rend donc aussi accessible par ce moyen en communiquant des informations, mais surtout en répondant à toutes les questions. Cela a aussi pour but d’accélérer l’accompagnement en réduisant, par exemple, le temps qu’ils mettent pour présenter leur animal chez le vétérinaire (souvent car il ne trouve pas les bonnes informations), ce qui peut être délétère pour l’animal…

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

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    AO : Y a-t-il aussi de l’abandon chez les NAC ?

    OP : Quand une espèce est à la mode, elle est également plus abandonnée, comme ce fut le cas pour les furets ou les tortues de Floride, il y a 20 ans. Le problème est que ces dernières grandissaient beaucoup, et ne rentraient plus dans leur aquarium. Au lieu de changer l’aquarium, elles étaient lâchées dans les cours d’eau et ont fini par remplacer notre cistude d’Europe… Aujourd’hui, je pense qu’il y a moins d’abandons, car plus d’informations.

    AO : Adopter un NAC « exotique » est-il risqué ?

    OP : Il y a 5-10 ans, les espèces adoptées commençaient à dangereusement se diversifier. La législation s’est alors durcie, rendant obligatoire l’obtention d'un certificat de capacité afin de détenir telle ou telle espèce. Il faut vraiment être passionné car c’est très difficile à avoir et c’est une bonne chose, je pense. Également, depuis 1 an, il y a l’obligation d’identification pour certaines espèces afin d’établir des registres. Cela permet aux propriétaires, qui prennent connaissance de cette loi, de venir nous voir pour l’identification et de repartir avec plein de conseils.

    À lire aussi : En France, peut-on acheter un serpent venimeux en ligne ?

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

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