Diable de Tasmanie : pour la première fois observable en France


  • Diable de Tasmanie : pour la première fois observable en FrancePhoto : ZooParc Beauval
  • Faune sauvage/ Mammifères terrestres

    Afin de protéger ce marsupial australien du cancer qui le décime, un programme s’efforce de capturer les individus sains, de les placer dans une zone protégée de la Tasmanie ainsi que dans des zoos pour multiplier les viviers sains et travailler sur un vaccin. Le ZooParc de Beauval est aujourd’hui le premier à présenter au public français des diables de Tasmanie.

    Lorsque vous entendez « diable de Tasmanie », vous pensez immédiatement à Taz, des Looney Tunes ? En vérité, cet animal est bien différent du grand personnage aux longues dents, très agité et malicieux des dessins animés. Pour commencer, il doit son nom au cri rauque et puissant qui a effrayé les premiers explorateurs arrivés en Tasmanie. Ils ont alors cru que le diable les poursuivait. Ensuite, il n’est pas plus gros qu’un chien de 8 kilos et se nourrit principalement de charogne. Enfin, il est observable depuis peu au ZooParc de Beauval.

    ZooParc de BeauvalCape et Cluan sont différenciables grâce à leurs bandes blanches

    Ils sont les seuls en France à avoir pu accueillir des diables de Tasmanie. L’organisme australien qui s’occupe de leur sauvegarde et de leur placement a prêté à Beauval deux mâles : Cape et Cluan, qui était auparavant au zoo de Copenhague. Delphine Pouvreau, responsable du secteur panda-koalas avec 6 autres soigneurs et qui s’occupe désormais des diables de Tasmanie, nous en dit plus sur ce transfert et ces animaux hors du commun.

    Animaux-Online : Comme s’est passée l’arrivée des deux petits diables ?

    Delphine Pouvreau : Ils sont arrivés le 8 avril au soir, vers 22 h. On les a d’abord laissés tranquilles 2 ou 3 jours dans leur maison, puis on leur a donné la possibilité de sortir dans leur enclos extérieur. Ils peuvent désormais aller et venir comme ils veulent la journée et, le soir, ils sont reconduits à l’intérieur. Ils s’accommodent très bien de leur nouvel environnement.

    AO : Pourquoi deux mâles et aucune femelle ?

    DP : C’est l’Australie qui décide des placements. Ils nous ont prêté deux mâles pour commencer et voir si on va bien s’en occuper. J’espère que d’ici 1 à 2 ans, on pourra avoir des femelles.

    AO : Qu’est-ce qu’il a fallu faire avant leur arrivée ?

    DP : J’ai suivi un stage à Copenhague afin de faire connaissance avec l’espèce, son régime alimentaire, comment la gérer, etc. Ensuite, il a fallu leur construire un enclos adapté. Il comporte une rivière, des arbustes, des plantes, des troncs, des arbres… Ils ont aussi, dehors, des niches avec de la paille pour se reposer et une lampe chauffante sous laquelle ils peuvent s'installer lorsque les températures sont un peu trop basses.

    ZooParc de BeauvalL'enclos des diables de Tasmanie

    AO : Nécessitent-ils des soins particuliers ?

    DP : Tous les jours, il faut vérifier qu’ils sont en bonne en santé et une à deux fois par semaine, on réalise des pesées. Suivre le poids de l’animal est un bon indice. Ce sont deux frères assez sympas. Après, ça reste des animaux sauvages. Ils sont encore jeunes, tous deux âgés de 2 ans. Il faut savoir que leur espérance de vie n’est pas très longue. Dans leur milieu naturel, c’est 5 ans, et en zoo, c’est généralement 8 ans.

    AO : Vous êtes le premier zoo français à accueillir des diables de Tasmanie, pourquoi ?

    DP : Ce sont des animaux difficiles à avoir. Le programme européen pour les espèces menacées (EEP), qui vise à protéger cette espèce, est très sélectif. Nous en avons fait la demande et nous leur avons montré, par nos installations et la qualité de notre parc, que nous étions aptes à accueillir des diables de Tasmanie. Et notre demande a été acceptée.

    AO : Qu’est-ce que le programme d’élevage européen ?

    DP : Il faut savoir que les diables de Tasmanie sont décimés depuis plusieurs décennies par un cancer de la face très contagieux et mortel. Il se transmet de museau à museau (morsures, partage de nourriture…). Afin de sauver l’espèce, l’Australie a mis au point un programme visant à capturer des individus sains, non porteurs de la maladie. Certains sont transférés dans une zone protégée de Tasmanie, mais d’autres sont également envoyés dans des parcs zoologiques dans le but de multiplier des viviers sains. Ce sont eux aussi qui gèrent l’aspect « génétique » en formant les couples pour la reproduction. Aujourd’hui, seules 4 institutions zoologiques en Europe hébergent des diables de Tasmanie. En parallèle, la recherche d’un vaccin est en cours et l’objectif, à terme, serait de réintroduire ces individus et leur descendance dans la nature.

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