Refuges : comment les aider à sortir de la crise ?

Caddies et collectes


  • Caddies et collectesPhoto : Shutterstock
  • Protection/ Abandons

    A l’image de ce qui se fait pour les Restos du cœur, les refuges profitent des opérations « Caddies » organisés par les magasins d’alimentation. Cela remplit les gamelles des animaux, le cœur des clients et les caisses du magasin.

    « C’est du gagnant-gagnant », annonce d’emblée François Mulot, animateur réseau de l’enseigne Botanic, pour expliquer les raisons des opérations « Caddies » régulièrement organisées dans ses magasins. « Pour nous, cela représente un chiffre d’affaires supplémentaire, précise-t-il, et pour les refuges, de l’alimentation et de la communication. »

    Chaque année, la soixantaine de magasins de l’enseigne totalise une centaine d’animations de ce genre qui, pour chacune d’elles, fait entrer entre 100 et 150 kilos de nourriture dans les structures qui accueillent les animaux. « Nos clients choisissent souvent d’offrir des croquettes haut de gamme », se réjouit le professionnel.

    Réparties sur l’année, au cours des périodes de forte affluence que sont le printemps et la rentrée de septembre, ces aides permettent de gonfler sensiblement les ventes. Car le don vient des clients, qui achètent les aliments au prix normal, en plus de ceux qu’ils prennent pour leur propre animal. « Notre contribution se fait sur les invendus ou les produits impropres à la vente, ajoute François Mulot. On les donne aux associations du coin qui viennent les chercher. »

    Répondre aux appels à l'aide

    Si les 43 magasins que dirige Jean-Philippe Darnault, PDG de l’enseigne Animalis, sacrifient aussi à ces animations commerciales, ce passionné d’animaux entend être le partenaire privilégié des refuges, notamment en organisant des collectes en cas d’urgence. « On a monté une opération de sauvetage lors des inondations qui ont détruit le refuge d’Antibes au printemps 2016, explique le chef d’entreprise, et une autre pour AVA il y a quelques semaines à la suite de leur appel à l’aide. »

    Pour l’enseigne, l’engagement de ses magasins auprès des refuges est même devenue une mission à part entière qui comprend plusieurs volets. « D’abord, on a la boîte à bonheur toute l’année, poursuit le PDG. On stocke tout ce que les clients achètent pour les refuges et tous nos invendus. Ensuite, on a les arrondis de caisse qui proposent aux clients de donner à notre cagnotte les centimes qui manquent pour arriver à un chiffre rond.  »

    Lors des périodes de fêtes, des opérations produit-partage reversent une somme sur un type de produit acheté, voire l’intégralité du produit de la vente. La somme récoltée va intégralement à l’Arche des associations, créée en 2015 par Jean-Philippe Darnault lui-même. Cette fédération prend sous son aile une trentaine d’associations de protection et de médiation animale. « En 2017, nous avons collecté 85000 euros pour l’Arche. J’espère qu’en 2018, on pourra réunir 120000 euros! ». l

    Internet à la rescousse : Les sites de cagnottes solidaires (ou crowdfunding) proposent aux associations de collecter des fonds via des cagnottes en ligne. Le Pot commun, Leetchi, Gofundme… viennent ainsi en aide pour des montants et des causes aussi divers que variés. « Les cagnottes destinées aux animaux collectent des dons pour financer la lutte pour une cause comme la maltraitance, pour compléter un budget ou pour payer les soins d’un animal », indique Pierre Valentin, de la plateforme Gofundme. Un recours à la générosité qui semble fonctionner puisque ce spécialiste précise que 70 % des cagnottes sur son site atteignent ou dépassent l’objectif fixé. Avec en prime l’accès à un moyen de communication pour toucher des personnes jusque-là inaccessibles. « La seule limite des plateformes comme la nôtre, poursuit-il, c’est l’Internet inaccessible ou l’incapacité du responsable du refuge à maîtriser l’outil… »