Refuges : comment les aider à sortir de la crise ?

Entre débrouille et récupération


  • Entre débrouille et récupérationPhoto : D.R.
  • Protection/ Abandons

    On dit que la France est le pays du système D. D comme débrouille. La réputation n’est
    pas usurpée quand on plonge au cœur des refuges qui doivent compter sur leur imagination pour trouver l’argent nécessaire à leur survie…

    La brocante de Pas si bêtes

    D.R.

    "On dit de nous que nous sommes l’Emmaüs des animaux »" lance fièrement Jeannette Bosquet, présidente bénévole de Pas si bêtes, un refuge de plusieurs dizaines d’âmes de chiens et chats, installé à Vimpelles, en Seine-et-Marne. Autour d’elle, une multitude d’étagères, de portants et dessertes prêts à céder sous le poids des objets présentés. Vaisselles, bijoux, lampes, livres, disques, cassettes, vêtements, électro-ménager, meubles… sont mis en vente pour des sommes très modiques. Dans les allées, des curieux, chineurs amateurs ou pas, déambulent à la recherche d’un trésor ou d’un objet utile. « Cela fait trois ans que nous avons ouvert ce bric-à-brac, raconte Jeannette. On a commencé avec juste une pièce de cet entrepôt, aujourd’hui, on loue quasiment la totalité de l’espace et on n’a déjà plus de place ! » 1 500 m2 de « magasin », avec 7 000 m2 à l’extérieur pour le parking. « Heureusement qu’on a ce parking car les jours d’affluence, tout est pris ! ».

    60 000 euros de recettes par an

    Ouvert trois après-midis par semaine, le bric-à-brac de Pas si bêtes fonctionne comme un dépôt-vente. Ceux qui veulent se débarrasser d’objets encombrants ou inutiles viennent les donner : « On n’achète rien, précise Jeannette, mais on trie, on jette, on nettoie et on met en vente. » Toutes les recettes issues des ventes servent d’abord à payer les charges du lieu et les salariés (deux sur l’entrepôt et cinq pour le refuge). Les bénéfices vont directement au refuge. « En moyenne, on gagne 10000 euros par mois, ce qui fait, à la fin de l’année, une enveloppe de 60000 euros pour le refuge, détaille celle qui supervise cette ruche avec un calme de moine tibétain. C’est plus que l’ensemble des dons que nous collectons par ailleurs. »

    Pour la présidente de Pas si bêtes, cette brocante est devenue une activité essentielle à la survie du refuge dont elle a la charge depuis quinze ans. Au point qu’elle y consacre presque tout son temps. « J’aimerais être plus présente au refuge, mais c’est un énorme travail pour faire fonctionner ce bric-à-brac. » Car les objets n’arrivent pas tous directement au dépôt. Deux à trois fois par semaine, Jeannette et sa troupe de bénévoles (un seul salarié pour la brocante) vident les maisons que leurs propriétaires veulent vendre. « Et on passe le coup de balai en partant, c’est un boulot gigantesque ! »

    Au départ, la présidente multipliait les vide-greniers pour vendre ce que les gens donnaient au refuge et communiquer sur les animaux à adopter. « Mais c’était très fatigant parce qu’on devait à chaque fois tout sortir du hangar et remettre tout ce qui n’avait pas été vendu, raconte Jeannette. Du coup, quand on nous a proposé cet entrepôt, j’ai sauté sur l’occasion. Mais on fait encore quelques vide-greniers et marchés de Noël car c’est une partie importante de notre communication. » C’est même la vocation de ces ventes à « l’extérieur » où la recette n’a pas d’importance. « Ce qui compte, c’est le nombre de prospectus qu’on distribue à cette occasion. Et si on a fait deux à trois adoptions, c’est encore mieux ! » L’an dernier, le bric-à-brac, qui héberge aussi une chatterie, a placé les 180 chatons qui lui avaient été rapportés durant l’été… l

    Le bric-à-brac de Pas si bêtes est situé route de Champigny, pont de Morlaix, 89140 Vinneuf. Il est ouvert au public les mercredis, samedis et dimanches de 14 h 30 à 18 h 30.

    Astuces et huile de coude

    Trouver de l’argent, faire adopter leurs protégés…les refuges de France multiplient les initiatives. 30 Millions d’amis a déniché quelques « bonnes idées » qui atteignent leur but… non sans exiger beaucoup de travail de la part des organisateurs.

    • Le vide-greniers: Le printemps et l’été sont les meilleures saisons pour mettre en vente tout le matériel et les accessoires dont le refuge n’a pas directement l’utilité. Mais si le produit des ventes vient mettre du beurre dans les épinards, il reste souvent très modeste. C’est pourquoi il faut d’abord en faire une opération de communication, en distribuant des prospectus et en parlant des animaux à l’adoption.
    • La kermesse : Quatre fois par an, Catherine Bourdin, du refuge Au bonheur des quatre pattes, organise une kermesse au sein du refuge. Brocante, buvette, restauration, employés et bénévoles mettent la main à la pâte pour que chacun passe un bon moment au milieu des animaux à adopter. « On en fait trois à quatre par an, raconte la présidente, et à chaque fois il y a un monde fou car les médias locaux nous relaient beaucoup. »
    • Les cueillettes : Muguet, jonquilles… Il suffit de se baisser pour les ramasser. Comme pour les bénévoles de Pas si bêtes qui font chaque année une journée de vente de muguet, cela représente du travail, mais la recette est de 3 à 4000 euros selon les années, sur six à sept points de vente. 
    • Les paquets cadeau : Chaque année, à Noël, la boutique Moustaches, en région parisienne, accueille deux bénévoles du refuge AVA pour faire les paquets cadeau. Ce service gratuit pour les clients de la boutique d’accessoires pour animaux est l’occasion de collecter des pourboires et de faire passer le message des adoptions. De son côté, la boutique reverse un pourcentage des rece