Cirques et animaux sauvages

Une vie au cirque, et après ?


  • Une vie au cirque, et après ?Photo : shutterstock
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    En France, mais aussi en Europe, ce sont des milliers d’animaux qui travaillent dans des cirques. Que deviennent-ils après ?

    Il existe un véritable mystère sur ce que deviennent les animaux de cirque une fois qu’ils n’ont plus d’utilité, certains semblent se volatiliser », s’interroge Franck Schrafstetter de l’association Code Animal. « Nombre d’entre eux doivent probablement finir chez le taxidermiste ! »

    Quand ils sont jeunes, issus d’une portée trop nombreuse ou jugés inaptes à travailler dans des cirques, les animaux se retrouvent parfois chez des particuliers, à qui ils ont été vendus ou confiés. C’est ainsi qu’on a pu voir, en juin 2016, un jeune tigre exhibé sur la Toile par son maître, qui vivait en Seine-Saint-Denis. L’animal a fini par être saisi et placé au refuge de Saint-Martin-la- Plaine, dans la Loire. Le cas n’est pas isolé. « Il y a quelques mois, la Fondation 30 Millions d’Amis a récupéré Siam, un jeune lion qui vivait chez une personne n’ayant aucune autorisation, raconte Arnault Lhomme, enquêteur pour la Fondation. Son propriétaire le détenait dans une cage de 5 mètres carrés ! » Aujourd’hui, le lion a rejoint l’Afrique du Sud, où il dispose d’un enclos de 3 hectares. Quand ils sont encore dans les ménageries des cirques, les animaux peuvent aussi être saisis et confiés à des organismes sur décision de justice. Ce fut récemment le cas pour quatre lionnes, deux lions, un tigre, deux magots et un macaque du Japon, laissés aux bons soins de la Fondation 30 Millions d’Amis. « Ils appartenaient à un dresseur pour cirque qui était en infraction sur toute la ligne, précise l’enquêteur qui s’est occupé de ce cas. Quand nous récupérons des animaux sauvages, nous les remettons principalement à deux associations : AAP Foundation, qui possède des refuges en Hollande et en Espagne, et Natuurhulpcentrum, en Belgique. Ce sont des centres de transit qui dirigent ensuite les animaux vers des zoos ou des sanctuaires. » Pour Musafa, le cougar qui resta vingt ans enchaîné, pour Will, le lion qui n’a connu que le béton, pour Carli, le tigre, ou Aldo, l’hippopotame qui n’avait jamais vu d’autres hippos, ces lieux sont les seuls où ils peuvent espérer finir leurs jours. Ils y réapprennent une vie qui tient davantage compte de leurs besoins naturels.

    En France, plusieurs refuges, dont ceux de l’Arche et de l’association Tonga terre d’accueil, sont aptes à recueillir les animaux saisis. Prochainement, un sanctuaire pour éléphants devrait aussi voir le jour dans le Limousin. Elephant Haven, c’est son nom, est un projet de Sofie Goetghebeur et Tony Verhulst, deux anciens soigneurs de zoo, qui se battent pour l’ouvrir. « Aujourd’hui, de plus en plus de pays interdisent la présence d’animaux sauvages dans les cirques, rappelle Sofie. Rien qu’en Europe, une centaine d’éléphants se produisent dans des numéros. Il faudra bien leur trouver une place… » Grâce à l’appui des autorités locales et de l’association One Voice, le couple dispose d’un site de 29 hectares. « Nous avions toutes les autorisations nécessaires, exceptée celle des services vétérinaires, que nous avons enfin obtenue fin juillet. Nous allons désormais pouvoir mettre en chantier les infrastructures indispensables à l’accueil des éléphants. » Et leur offrir une retraite heureuse et méritée.