Cirques et animaux sauvages

Dressage ou éducation ?


  • Dressage ou éducation ?Photo : Shutterstock
  • Protection/ Cirques

    Les circassiens l’assurent, le fouet appartient au folklore. Pas si sûr, à voir le nombre d’animaux qui choisissent un jour de se rebeller…

    Ames sensibles, s’abstenir ! En 2010, Oleksiy Pinko, l’un des grands dresseurs ukrainiens, est attaqué par deux lions en pleine représentation à Kiev (Ukraine). Malgré l’intervention d’hommes munis de piques et de lances à  eau, les mâles s’acharnent sur lui au milieu des cris des enfants. Il sera sévèrement blessé. Plus proche de nous, dans la Somme, en mai 2017, un lion se jette sur Steeve Loberot en plein spectacle du Buffalo Circus. Un fumigène libérera in extremis le dresseur. Ces agressions par des animaux « dressés », voire amicaux avec leur dresseur, ne sont pas rares. Mais les circassiens le jurent la main sur le coeur : ce n’est pas parce qu’ils ont été maltraités ! Selon eux, « le dressage à l’ancienne date du Moyen Age, d’une époque où les éleveurs n’avaient pas compris grand-chose des caractères, des comportements et des sensibilités des animaux. »

    DRContrairement aux affirmations des circassiens, l'ankus (un pic terminé par un crochet) serait toujours utilisé pour dresser les éléphants.

     

    Désormais, ils parlent d’éducation. Issue d’un changement profond dans la relation homme-animal, elle est « un mélange d’affection réciproque, de jeux et de complicité. Il s’agit là d’une grande avancée, qui se fait en parallèle avec le développement de la médiation animale thérapeutique »  écrivent-ils dans la lettre ouverte qu’ils adressent au Monde. Pourtant, à une époque où tout se poste sur Internet, il est facile de trouver des images de maltraitance et de l’usage toujours en vigueur du fouet pour les fauves ou de l’ankus pour les éléphants. L’ankus (ou bullhook) est un outil terminé par un crochet en acier pointu pour infliger des douleurs aux pachydermes. Les dresseurs l’ont toujours à la main et s’en servent pour appliquer des pressions sur le corps de l’animal, ciblant des zones sensibles de l’épiderme, derrière et à l’intérieur des oreilles, dans et autour de l’anus… Banalisé, cet instrument est source d’une grande souffrance qui peut, à elle seule, expliquer pourquoi tant d’éléphants de cirque s’évadent. Le plus célèbre se nomme Samba. Ou Tanya, puisqu’elle a été rebaptisée pour échapper aux poursuites. En 2013, elle s’enfuit et, croisant un joueur de pétanque, elle le tue en l’écartant d’un coup de trompe. Pour l’association One Voice, qui la suivait depuis dix ans suite à des dénonciations pour maltraitances répétées, son destin est l’illustration et l’épilogue fatal d’une vie de martyre pour amuser nos enfants…