Une maison saine ? Question d'hygiène !

L’odeur des animaux : ça sent ou ça pue ?


  • L’odeur des animaux : ça sent ou ça pue ?Photo : Shutterstock
  • Chats/ Entretien

    On aime nos animaux, mais pas forcément leurs odeurs. Leur race, leur âge, leur santé, la pluie, etc. sont autant de raisons de voir notre nez incommodé par leur présence. À moins que…

     

    Ce n’est pas que je n’aime pas les chiens, mais je trouve qu’ils sentent vraiment fort, plus que les chats, et ça me dérange », reconnaît Valérie. En matière d’odeurs, les premiers sont plus souvent pointés du doigt que les seconds. « Il n’y a pourtant aucune raison, explique le docteur vétérinaire Thierry Bedossa. En fait, tout dépend des individus. Si quelqu’un n’est pas habitué aux chats, il est vite incommodé par l’odeur que dégage le bac. » Aux personnes dotées d’un odorat sensible, il conseille néanmoins d’éviter certaines races : « Les chiens nordiques ou les bouviers bernois produisent beaucoup de sébum et dégagent donc souvent une odeur rance. Les bouledogues américains, dont les vertèbres caudales sont mal formées, ont la queue qui colle tellement à l’anus que cela peut sentir mauvais, ou générer des infections. Les sharpei et les carlins sont également à risque, à cause de l’humidité qui s’installe dans les plis de la peau. »

    N’oublions pas non plus que le chien ne transpire pas ou, plutôt, qu’il transpire seulement… des pattes ! « Entre les coussinets se forment alors des exsudations plantaires, précise le vétérinaire. Si les levures et les bactéries prolifèrent au-delà du seuil normal, l’odeur peut devenir gênante. »

    Normale ou anormale ?

    Si votre animal sent anormalement fort, ne cherchez pas à le cacher. Consultez votre vétérinaire, qui s’inquiétera d’une éventuelle pathologie : infection bactérienne, maladie de la peau… D’autant que l’origine est souvent hygiénique ! Valérie l’a bien remarqué : « Lorsque mon fils venait avec son beagle, le chien ne sentait pas mauvais. Mais Alex le lavait régulièrement. » Selon le Dr Thierry Bedossa, « l’odeur qui peut nous incommoder est liée soit à leurs éliminations (lorsque les animaux font leurs besoins), soit à une mauvaise hygiène. Si vous avez l’odorat délicat, ou si votre animal a tendance à développer des otites, des gingivites ou des stomatites chroniques (qui génèrent des relents persistants), accordez-lui le plus grand soin possible. Même chose avec les chiens dont les glandes anales peuvent avoir du mal à se vidanger, et qui sont donc susceptibles de s’infecter ; c’est plus rare chez le chat. Une hygiène régulière permettra de moins en souffrir. D’autant qu’aujourd’hui, il existe des produits dermatologiques ou cosmétologiques qui permettent de pallier les problèmes liés à ces sécrétions. »

    C’est également tout notre rapport à l’animal qui est en question : « Les chiens et les chats font une toilette quotidienne en se léchant la zone périnéale. Ce qui nous dégoûte, parce que ce n’est pas dans nos habitudes », rappelle le Dr Thierry Bedossa.

    En période de rut (pour les mâles) ou de chaleurs (pour les femelles), c’est l’odeur accentuée de l’urine qui devient incommodante. Chez les félins, l’urine du chat entier sent plus fort que celle du chat castré. Attention, néanmoins, à ne pas confondre l’élimination (dans la litière ou à l’extérieur) et le marquage urinaire, comportement d’origine sexuel ou territorial au cours duquel le chat émet un jet qui sent très mauvais. La solution ? Faire castrer les mâles. Mais l’idéal serait aussi de faire stériliser les femelles, pour qu’elles n’attirent pas les marqueurs potentiels !

    Le parfum, est-ce efficace ?

    Oui. Si aucune maladie n’explique pourquoi votre animal sent si fort, vous pouvez vaporiser directement sur sa peau une eau de toilette spécifique : « Aujourd’hui, nous avons une forte demande sur ces produits, car les maîtres considèrent souvent leurs animaux comme des humains », constate Isabelle, vendeuse dans une animalerie. À condition de ne pas en abuser (n’oublions pas que lorsqu’ils se rencontrent, nos petits compagnons aiment se renifler), ces produits peuvent neutraliser efficacement les odeurs gênantes, sans altérer la santé ni le bien-être de l’animal : « Pour peu qu’on achète un produit adapté, issu d’un laboratoire vétérinaire sérieux – qui ne provoquera pas d’inflammation de la peau ni de déséquilibre de son écosystème –, rien n’interdit leur utilisation », résume le Dr Bedossa.

    Dans la maison, comment lutter ?

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    Mener ce combat demande un travail quotidien : éliminer les poils qui, même tombés, conservent une odeur, nettoyer la litière, passer l’aspirateur, laver les sols… Heureusement, les grandes surfaces et les animaleries regorgent de produits de nettoyage et d’accessoires conçus spécialement pour les maisons où vivent des animaux. Désodorisants, aspirateurs, litières parfumées… vous aurez l’embarras du choix. Vous pouvez également tester les remèdes de nos grands-mères ; généralement peu chers, ils sont efficaces et écolos :

    • Pour nettoyer : le vinaigre blanc a fait ses preuves et revient en force chez les ménagères. Il permet de laver et de désinfecter sans polluer. Vous pouvez y ajouter du jus de citron pour dégraisser.

    • Pour désodoriser : vaporisez de l’extrait de lavande sur le couchage de votre petit compagnon ; vous pouvez aussi faire brûler un bâtonnet d’encens ou du papier d’Arménie.

    • Pour fabriquer un répulsif naturel : vaporisez quelques gouttes de lavande, d’eucalyptus ou de camomille – trois plantes généralement peu appréciées de nos matous.

    • Autre astuce : faites bouillir des écorces d’orange pendant une dizaine de minutes, filtrez, laissez refroidir, puis versez directement dans un vaporisateur !

    Le cas des séniors

    Bien souvent, les vieux animaux (surtout les chiens) nous infligent de plus en plus de flatulences et une haleine qu’on qualifie volontiers de chacal… Demandez conseil au vétérinaire, car des solutions existent (traitement médical contre les problèmes de digestion, changement d’alimentation, détartrage…) Toute sa vie, votre chat ou votre chien a été propre et ne sentait pas mauvais. Mais l’âge venant, il « s’oublie », et ses excréments, même nettoyés, finissent par imprégner votre maison de leur odeur. Sans un ménage méticuleux tous les jours, voire deux fois par jour, il est difficile de les éliminer totalement. À moins d’avoir recours aux couches. Il en existe pour animaux, à condition que votre animal les supporte. Nettement moins chères, les couches pour nourrissons peuvent aussi faire l’affaire !

     

    L’odeur du chien mouillé
    Vous froncez le nez quand votre chien a pris la pluie ? C’est normal ! La Société américaine de chimie a démontré que certaines molécules odorantes (acides organiques volatiles), qui ne peuvent pas être perçues par le nez humain, se dissolvent sous l’effet aqueux, devenant alors perceptibles. De plus, l’eau imprégnant les poils de votre chien s’évapore, humidifiant l’air ambiant, ce qui amplifie le phénomène…