Attention, les chenilles processionnaires sont de retour


  • Attention, les chenilles processionnaires sont de retourPhoto : Shutterstock
  • Chiens/ Santé

    Alors que le printemps s’annonce timidement, les chenilles processionnaires ont déjà entamé la descente des pins pour s’enfouir dans le sol : une période à risque pour les hommes comme pour les animaux, confrontés aux redoutables poils urticants de cet insecte.

    Les propriétaires de chiens connaissent bien le risque : chaque année, au printemps, il convient de particulièrement bien surveiller son fidèle compagnon lors des balades dans des zones où les pins sont présents, afin d’éviter tout contact avec les chenilles processionnaires. Forêts, jardins, squares ou parcs naturels, l’alerte est déjà donnée dans plusieurs régions de France, notamment en Bretagne et dans le Sud-Est, et le pic de risque devrait durer jusque fin avril environ, avant de progressivement diminuer jusqu'à la fin du printemps. Attention toutefois, il existe des variations d’une région à l’autre.

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    Ces chenilles sont les larves d'un papillon de nuit, dénommé Thaumetopoea pityocampa. Les femelles pondent durant l’été, déposant leurs œufs par dizaines sur différentes essences de pins et de cèdres, notamment le pin noir, le pin sylvestre, le pin maritime mais ou le cèdre de l’Himalaya. Au printemps, les chenilles ayant survécu à l’hiver quittent leur arbre pour s’enterrer dans le sol et former un cocon. C’est lors de cette procession, en file indienne, qu’elles sont le plus à craindre.

    L’impact sur les chiens

    Car à cette période, leur dos est recouvert de poils très urticants. Il s’agit d’un système de défense redoutable, que la chenille peut activer si elle se sent en danger. Ainsi, ses poils, volatils, peuvent se décrocher. En se « brisant », les poils libèrent de la thaumétopoéine, une substance qui est la cause de violentes démangeaisons. La chenille est ainsi dangereuse directement si on la touche, ou indirectement si l’on se retrouve en contact avec des poils volants. Les chiens font partie des animaux domestiques particulièrement exposés à ces risques lorsqu’ils vivent dehors ou lors de leurs promenades. Les irritations provoquées par les poils des chenilles processionnaires peuvent avoir des conséquences dramatiques sur leur santé, les réactions allergiques pouvant provoquer des œdèmes de Quincke ou des chocs anaphylactiques.

    En cas de contact du chien avec une chenille processionnaire ou ses poils, la réaction est généralement immédiate. Sous l’effet urticant et irritant, le chien réagit en couinant et en s’ébrouant, et les premiers signes ne tardent pas à apparaître : une douleur très importante, une inflammation de la langue et de la bouche, des œdèmes (gonflements), une irritation importante des yeux, des problèmes respiratoires. Il faut alors consulter un vétérinaire sans tarder. Réagir vite est important car les zones atteintes peuvent se nécroser et entraîner une amputation partielle ou totale de l’organe touché (la langue, le plus souvent). Si le problème est pris à temps, il sera possible de soulager et de soigner le chien avec des anti-inflammatoires et antihistaminiques puissants prescrits par le vétérinaire ou bien, dans certains cas, des anticoagulants comme l'héparine.

    Les zones à éviter et les périodes à risque

    « Le moment où les chenilles processionnaires sont les plus dangereuses, c’est-à-dire le moment où elles quittent les arbres pour s’enfouir dans le sol, est très variable selon les régions et selon les années, en fonction du climat », explique Jérôme Rousselet, chargé de recherche à l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) du Centre-Val de Loire.

    En règle générale, les pics de risques se situent entre mars et avril en ce qui concerne la moitié nord de la France tandis que dans les zones au climat plus chaud, comme le pourtour méditerranéen, la période à risque commence plus tôt, vers janvier/février.

    Cependant, « depuis le milieu des années 2000, on observe un comportement de plus en plus erratique de ces chenilles lié au dérèglement du climat, détaille Jérôme Rousselet. Ainsi, certaines années aux automnes particulièrement doux, on peut observer des processions de chenilles dès octobre/novembre dans différentes régions, comme sur les côtes bretonnes ou dans la région Centre. On suppose que ce climat favorable accélère le développement des chenilles et que certaines seraient ainsi prêtes à entamer leur procession avant l’hiver ».

    Le risque peut également se poursuivre après le printemps, une fois que les chenilles se sont enterrées dans le sol après être descendues du pin (de 5 à 20 centimètres de profondeur). Les chenilles s’y transforment en chrysalides qui ne sont pas urticantes mais le site où elles sont enfouies est contaminé par des millions de poils qui peuvent encore sévir avant de se dégrader. « Des vétérinaires m’ont déjà rapporté des cas de chiens ayant dû être soignés en urgence après avoir déterré des chrysalides de chenilles processionnaires dans le sol, en plein mois de juillet, lors de promenades sur le littoral méditerranéen », rapporte Jérôme Rousselet.

    Les précautions à prendre

    Malheureusement, il n’existe pas encore de carte interactive permettant de localiser en temps réel les zones à risques liés à la présence de chenilles processionnaires. « C’est un projet sur lequel on travaille actuellement à l’INRA », souligne cependant Jérôme Rousselet. En attendant, il est vivement conseillé d’éviter, au printemps, les endroits où les sols sont chauds, bien drainés et meubles, et où les pins sont abondants.

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    On peut également prendre des précautions pour contenir le risque de chenilles processionnaires dans son jardin. On peut ainsi procéder à « l’échenillage » dès l’automne (couper les branches du pin où les chenilles ont élu domicile, puis les brûler si c'est autorisé en fonction de la période et de la région). On peut également installer des pièges écologiques avant le printemps, assez haut dans l’arbre pour que le système soit sans danger, ou bien encore installer des nichoirs à mésanges, qui sont des prédateurs naturels de la chenille. En prévention, il est également fortement conseillé de ne pas planter chez soi les essences d’arbres privilégiées dans lesquelles les chenilles se nichent (pour rappel : pin noir, pin de Monterey, pin sylvestre, pin maritime et cèdre de l’Himalaya.)

    Enfin, concernant la protection du chien, il n’y a pas grand-chose à faire, si ce n’est éviter les zones à risque pendant la promenade. Les antiparasitaires sont, dans ce cas, inefficaces.


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