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Hérissons domestiques : une association tire la sonnette d’alarme

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  • Hérissons domestiques : une association tire la sonnette d’alarmePhoto : Hérisson d'Afrique - Shutterstock
  • Faune sauvage

    Face à la mode croissante transformant des hérissons pygmées d’Afrique en animaux de compagnie,  la RSPCA (Royal Society for the Prevention of Cruelty to Animals) a publié un communiqué pour rappeler que ces petits mammifères ne sont pas faits pour être domestiqués. En France, les hérissons sont une espèce protégée et il est interdit d’en élever ou d’en posséder.

    En août, l’association britannique de protection animale RSPCA a recueilli, dans le métro londonien, un hérisson abandonné dans une cage. Rebaptisé Paddington, le mini-hérisson a pu être soigné et la RSPCA a saisi l’occasion pour alerter les personnes, de plus en plus nombreuses, séduites par ce petit mammifère, afin de leur rappeler que le hérisson n’est pas fait pour être un animal de compagnie.

    Paddington est un hérisson pygmée d’Afrique, un cousin de nos hérissons d’Europe, qui suscite depuis quelques années un véritable engouement, particulièrement en Amérique du Nord et dans quelques pays européens comme l’Espagne ou l’Allemagne. Certains de ces hérissons sont mêmes devenus de vraies stars sur les réseaux sociaux, comme Mr. Pokee, suivi par plus de 300 000 abandonnés sur son compte Instagram.

    Originaire d’une zone semi-aride d’Afrique, ce hérisson a des besoins particuliers auxquels « il est difficile de répondre adéquatement […] dans un environnement domestique », explique Nicola White de la RSPCA. La température de son habitat doit constamment être maintenue entre 24 et 30 °C, et ils doivent avoir accès à un endroit assez grand, à l'extérieur, pour creuser des trous, se nourrir et faire de l’exercice… difficile donc d’imaginer vivre avec ce petit compagnon en appartement. S’occuper d’un hérisson demande beaucoup de temps et suscite beaucoup plus de contraintes que ce que l’on peut imaginer en regardant les photos « craquantes » sur Internet, souligne la RSPCA.

    De nombreux élevages aux États-Unis et au Québec proposent des hérissons pygmées d’Afrique à la vente, ce qui est normalement impossible en France et en Europe. « Ces animaux sont en fait un mélange de deux espèces : Atelerix albiventris et Atelerix algirus. Cette dernière espèce bénéficie d’une protection totale dans l’Union européenne, au même titre que le hérisson européen », explique Marie-Agnès Guichard, présidente du Hameau des hérissons. Dans les faits cependant, des hérissons pygmées sont notamment en vente dans certaines animaleries en Espagne, et sont ramenés en France par des voyageurs.

    Ce phénomène représente un vrai danger pour nos écosystèmes. Bien souvent incapables de s’en occuper, les propriétaires éphémères des hérissons d’Afrique les relâchent dans la nature. « Ces hérissons sont de plus petite taille et moins résistants au froid que les hérissons d’Europe. Si par malheur les deux espèces venaient à se mélanger, cela pourrait être une catastrophe et accélérer la disparition de nos hérissons », alerte Marie-Agnès Guichard.

    Le hérisson, maillon fort de la biodiversité

    En Europe, leur population a chuté de près de 90 % depuis 60 ans, et le développement de l’urbanisation et la multiplication des clôtures dans les jardins ne cessent de réduire leurs habitats naturels.

    Hérisson d'Europe dans un jardin-Shutterstock

    Aujourd’hui, selon la loi, on ne peut récupérer un hérisson que s’il est en danger de mort. Dans ce cas, l’animal doit être immédiatement redirigé vers un centre de soins pour la faune sauvage. Autrement, il est très important de laisser les hérissons dans la nature pour qu’ils puissent se reproduire et recoloniser les espaces, tout en assurant leur rôle de super assistants du jardinier. « Véritables maillons forts pour la biodiversité, les hérissons sont aussi utiles que la abeilles. Si les butineuses permettent la reproduction des fleurs, des légumes et des fruits, le hérisson, lui, permet de les protéger en mangeant les insectes qui s’attaquent aux plantations (limaces, vers de terre…) », rappelle la présidente du Hameau des hérissons. 


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