L’animal en marche : un séminaire sur les animaux de compagnie

Un séminaire pour débattre du bien-être des animaux de compagnie


  • Un séminaire pour débattre du bien-être des animaux de compagniePhoto : A. Beinat
  • Vivre ensemble

    Co-organisé par la Société francophone de cynotechnie et l’université de Nanterre, Pet Revolution est un séminaire qui propose de partager les connaissances actuelles sur le bien-être de nos animaux de compagnie. Prévu sur deux jours, dans un amphithéâtre de la faculté, il convie vétérinaires, éthologues, éducateurs canins, chercheurs en sciences humaines et philosophes pour débattre de leur place dans notre société. Antoine Bouvresse, vétérinaire et co-organisateur de cette deuxième édition (avec Thierry Bedossa), nous en dévoile l’esprit et le programme…

     

    30MA : Vous êtes vétérinaire et co-organisateur de Pet-Revolution, l’édition numéro deux de Dog Révolution qui s’est tenu à Nanterre l’an dernier. Pourquoi Dog-Revolution est-il devenu Pet Révolution ?

    Antoine Bouvresse : Devant le succès de Dog révolution, nous avons décidé d'organiser un deuxième événement. Le choix du thème n'a pas été facile, car nous avions choisi de traiter l'ensemble de la filière canine lors de la première édition. Il nous semblait donc logique et important d'élargir cette seconde édition à d'autres espèces, et notamment le chat qui est aujourd’hui très largement répandu dans les foyers français.

    30MA : Comment peut-on expliquer cette forte représentation du chat chez nous? 

    Antoine Bouvresse : Les chats sont présents dans une immense majorité des pays, même s'ils ne rentrent pas dans toutes les maisons. Dans notre société occidentale, le chat prend en plus une place d'animal de compagnie. Il présente l' "avantage" par rapport au chien de ne pas avoir besoin d’être sorti en laisse, et il peut faire ses besoins dans une litière. Mais attention, dans la réalité des besoins comportementaux du chat, certains individus supportent mal l'enfermement qui peut les rendre anxieux, malpropres ou agressifs ! C’est justement l’objet des interventions qui sont prévues cette année autour de cet animal qu’on croit bien connaître.

    30MA : Deux jours pour comprendre la nature de notre relation aux animaux de compagnie, avons-nous à ce point perdu le contact avec eux qu’il nous faut plus de temps pour les comprendre ?

    Antoine Bouvresse : Pet révolution se déroulera sur deux journées effectivement. Le week-end du 30 septembre et du 1er octobre. Mais deux jours étaient nécessaires pour présenter un programme complet avec plus de 15 intervenants ! Cela a même été un défi pour nous de leur trouver à tous une place. Nous avons également tenu à alterner des présentations théoriques présentées par des scientifiques avec des conférences plus pratiques délivrées par de véritables acteurs du terrain qui répondent à des problématiques bien concrètes du comportement animal.

    30MA : Vous abordez des thèmes comme l’intelligence et le stress, les TOC… Les animaux sont-ils malheureux avec nous ?

    Antoine Bouvresse : Hélas oui, ils peuvent l'être ! Et si certains animaux sont volontairement maltraités, il existe de nombreuses situations de vie où nos animaux de compagnie souffrent malgré notre envie de leur apporter ce qui nous semble être le meilleur. Nous imposons à nos animaux de compagnie un environnement de vie qui est d'abord adapté à nos besoins, un emploi du temps qui est basé sur le nôtre, un régime alimentaire, parfois élaboré sur ce qui nous semble le meilleur en tant qu'humain... Mais que ferait l'animal si on lui laissait vraiment le choix de son mode de vie, de ses activités, de ses rencontres, interactions et de son alimentation ?

    30MA : Cette année, vous avez largement ouvert les interventions à des universitaires, scientifiques et même philosophes qui ne sont pas forcément des spécialistes du chien ou du chat… Dans quel but ? C’est notre rapport au vivant qui est au cœur du colloque cette année (exemple Corine Pelluchon,  Charles Stepanoff) ?

    Antoine Bouvresse : Pour parler du lien homme/animal, il faut forcement regarder des deux côtés de la laisse. S'il est capital de comprendre comment un animal apprend, comprend, perçoit, ressent son environnement, il faut aussi comprendre comment l'homme envisage son animal de compagnie, ce qu'il lui apporte, ce qu'il lui renvoie. D’où la présence de ces spécialistes de l’humain et des liens qu’ils entretiennent avec le vivant.

    30MA : Qui peut venir à ce colloque ? Est-il réservé aux initiés ?

    Antoine Bouvresse : Tout le monde ! C’est la force de notre colloque. Il est ouvert à tous les propriétaires d’animaux, à ceux qui envisagent de l’être, aux scientifiques, aux étudiants, aux éleveurs, aux cynophiles… Tous repartiront avec la certitude d’avoir appris quelque chose, découvert un aspect de l’animal ou d’eux-mêmes qu’ils ne connaissaient pas. Le programme a été construit de manière à avoir une vision globale de notre lien à l'animal.

    30MA : Pensez-vous que notre société a pris conscience que l’animal est en marche, pour reprendre votre slogan ? (cf les scandales abattoirs, le résultat du parti animaliste aux élections législatives, la marche contre la martyr du chat de Draguigan…)

    Antoine Bouvresse : Notre société évolue énormément dans sa perception de la nature en général. C'est pour cela que la conférence d'ouverture présentée par Allain Bougrain-Dubourg traitera de la biodiversité car c'est une thématique qui englobe l'écologie à long terme, la faune sauvage et domestique, la diversité génétique... De quoi se donner le vertige pour rentrer dans le vif du sujet de notre rapport à l'animal.

    30MA : Donnez-nous envie de s’inscrire à ce colloque ?

    Antoine Bouvresse : Comme l'an passé, nous avons créé un programme basé sur l'échange et la pluridisciplinarité : nous souhaitons que chacun puisse enrichir sa vision de l'animal. Apprendre, échanger, se questionner, partager.

    Pet-Revolution : les 30 septembre et 1er octobre 2017

    Tarifs et inscriptions : ici