L’animal en marche : un séminaire sur les animaux de compagnie

Les intervenants de Pet Revolution : AVA et la fin de vie des animaux


  • Les intervenants de Pet Revolution : AVA et la fin de vie des animauxPhoto : Maud Lefèvre et son chien Thorkan DR
  • Vivre ensemble

    Ces moments difficiles de la vieillesse et de la fin de vie de nos animaux est l’un des sujets abordés par le séminaire « Pet Revolution, L’Animal en Marche » les 30 septembre et 1er octobre prochains. Maud Lefèvre, responsable des soigneurs au refuge AVA, présente en avant-première pour Animaux-Online son travail et les principales interrogations autour du « bien mourir ».

    Quand et comment le laisser partir sont toujours des décisions difficiles et douloureuses à prendre. Sur ce sujet, il est important de laisser place à beaucoup de réflexion, « et de ne pas anticiper » l’euthanasie explique Maud Lefèvre, responsable de l’équipe des soigneurs du refuge AVA.

    Cette structure, spécialisée dans l’accueil de vieux animaux, présentera son travail lors du séminaire « Pet Revolution, l’Animal en Marche », les 30 septembre et 1er octobre prochains. L’occasion pour Maud Lefèvre et ses équipes de sensibiliser les propriétaires aux alternatives à une fin de vie précoce, à l’accompagnement des animaux pendant leur vieillesse et à la prise de décision pour le laisser partir, au bon moment.

    L’euthanasie n’est pas toujours la seule solution

    L'un des objectifs principaux du refuge AVA est de faire en sorte que les propriétaires n'aient pas pour seul recours l'euthanasie de leur animal vieillissant. « La vieillesse chez l’animal représente de nombreuses contraintes pour le propriétaire confronté à des problèmes d’incontinence, de locomotion ou de sénilité s’installant chez son animal. Pour autant, cela ne signifie pas que sa vie est terminée. Au refuge, nous pouvons lui offrir quelques mois, voire quelques années supplémentaires, en veillant toujours à son bien-être » détaille Maud Lefèvre.

    La vie en « maison de retraite »

    Pour ces « petits vieux » du refuge, l’équipe est présente en permanence, jour et nuit. Ils bénéficient également d’un important suivi médical grâce à l’implication du docteur Thierry Bedossa (co fondateur avec Antoine Bouvresse du séminaire Pet Revolution) et d’un important réseau vétérinaire, ainsi que d’une alimentation adaptée à leurs conditions physiques. « Nos chiens par exemple ne mangent plus de croquettes. Cela ne signifie pas qu’ils ne veulent plus se nourrir mais qu’ils ne peuvent plus ingérer ce type d’aliments explique la soigneuse. Nous leur préparons donc ce que l’on appelle des « rations ménagères », comme des repas à base de viande blanche et de légumes bouillis. »

    Lui permettre de vieillir à nos côtés

    Si AVA accueille de vieux animaux, l’association propose également aux propriétaires de les aider à distance afin de leur permettre de garder leur animal auprès d’eux le plus longtemps possible. « Cela fait partie de notre mission souligne Maud Lefèvre, nous sommes là pour les rassurer et les conseiller ». Parmi les recommandations des soigneurs, il est préconisé de respecter le rythme de son animal. En vieillissant son comportement peut changer, il peut devenir moins tolérant aux caresses et manipulations, il va donc falloir apprendre à le « laisser un peu tranquille ». Au contraire, certains caractères s’adoucissent avec l’âge et l’animal va être davantage en demande de contacts.

    Son bien-être au cœur des préoccupations

    Permettre à son animal de vieillir dignement ne signifie pas pour autant « vouloir le retenir coûte que coûte ». Que ce soit au refuge, ou chez les propriétaires, l’observation quotidienne de l’animal doit permettre de reconnaitre les signes déterminants. « Un animal qui continue de manger avec plaisir une nourriture adaptée, de remuer la queue, d’être sociable avec ses congénères, et de montrer des marques de satisfaction envers les soins prodigués indique qu’il veut continuer à vivre.» D’autres signaux montrent à l’inverse qu’il souhaite partir, comme un refus durable de s’alimenter.

    Quand doit-on le laisser partir ?

    Il est alors de notre responsabilité de prendre la décision de les aider à mourir dignement. Cette initiative doit toujours être bien réfléchie et prise sereinement. Pour cela il est important de pouvoir en parler à son entourage, ou à des personnes spécialisées comme les soigneurs de l’équipe AVA. « Au refuge, chaque décision est prise en concertation avec toute l’équipe des soigneurs, le propriétaire de l’animal lorsqu’il y en a un, et l’équipe médicale venant apporter un regard extérieur plus objectif. C’est toujours très dur psychologiquement pour tous les soigneurs confie Maud Lefèvre. Mais nous savons que nous sommes aussi là pour ça, et que nous nous sommes occupés des animaux jusque à la fin, dans les meilleures conditions possibles. » 

    Etre présent jusque au bout

    Dans ces moments très durs, le mieux, pour l’animal comme pour le propriétaire, est de pouvoir partager des moments privilégiés jusque au bout.  « On peut leur offrir au maximum les plaisirs ayant fait le bonheur de leur existence » recommande la soigneuse de AVA, qui évoque avec beaucoup d’émotion le souvenir de Dagobert. Ce vieux labrador, totalement paralysé et dépendant des soigneurs a vécu au refuge pendant plus d’un an et demi. Devenu très fatigué, il ne s’est plus alimenté. « Après 72 heures, nous avons compris qu’il ne voulait plus vivre et que le temps était venu de l’aider à partir. Pour sa dernière journée, nous l’avons accompagné pour une longue balade de deux heures en brouette, ce qu’il adorait. Ca a été pour tout le monde un moment important pour lui dire au revoir. Toute l'équipe salariale du refuge ainsi que de nombreux bénévoles se sont déplacés pour être à ses côtés lors de son dernier voyage. C'est donc entouré d'énormément de présence et d'amour que Dagobert s'est éteint. »

    Pour approfondir ce sujet et échanger avec l’équipe du refuge AVA, rendez-vous le samedi 30 septembre au séminaire Pet Revolution, l’Animal en Marche.

     

    Maud Lefèvre
    Maud Lefèvre est responsable de l’équipe des soigneurs au refuge AVA, pour lequel elle travaille depuis sept ans. Pendant ses études en histoire de l’art, cette passionnée des animaux s’est impliquée auprès de plusieurs associations de protection animale avant de découvrir AVA. Elle a décidé de s’investir à plein temps dans la structure grâce à laquelle elle a été formée à son métier. Depuis 5 ans, elle dirige l’équipe des soigneurs du refuge sous la supervision du docteur Thierry Bedossa.