L’animal en marche : un séminaire sur les animaux de compagnie

Au programme de Pet Revolution : l’éducation pour les chiens de refuge


  • Au programme de Pet Revolution : l’éducation pour les chiens de refugePhoto : Catherine Collignon et Blaike ©Animalin
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    Favoriser leur bien-être, faciliter les adoptions, limiter les retours : l’éducation des chiens dans les refuges est un travail essentiel mené par l’éducatrice canine Catherine Collignon auprès de la SPA. Elle partagera son expérience lors du séminaire « Pet Revolution, L’Animal en marche » les 30 septembre et 1er octobre prochains..

    Catherine Collignon, éducatrice canine, a notamment développé la méthode du clicker training en France et travaille dans le respect du bien-être émotionnel et physique du chien. Elle intervient depuis 2013 avec Nicolas Ducasse dans les 56 refuges de la SPA Paris. Leur objectif : transmettre des principes d’éducation positive aux animaux afin de faciliter leur adoption, de limiter les retours et de rééduquer certains chiens présentant des problèmes de comportement. Ce travail de fond, complet et ambitieux, a également pour effet d’améliorer la qualité des interactions dans l’ensemble du refuge.

    Des principes d’éducation positive

    « La question primordiale n’est pas de savoir ce qu’on apprend aux chiens, mais comment on leur apprend, explique Catherine Collignon. Nous leur inculquons une éducation de base, "assis, pas sauter, ne tire pas en laisse" qui doit automatiquement induire un meilleur rappel et avoir un effet boule de neige sur toute leur éducation. » Pour cela, l’éducatrice a établi un programme s’appuyant sur des méthodes positives, prenant leur source dans les lois scientifiques de l’apprentissage et fondées sur la compréhension des origines des comportements des animaux. Ce programme permet d’éduquer ou de rééduquer les chiens, pour leur enseigner des comportements adaptés à leur environnement.

    Des effets bénéfiques à tous les niveaux

    Au-delà du but premier de l’adoption, ces programmes d’éducation favorisent le bien-être des animaux, aussi bien physique – ils font plus d’activités pour se dépenser – que mental. « Nous travaillons par exemple sur la mise en place de parcours de recherche olfactive pour inciter le chien à développer ses sens pour trouver de la nourriture ou des jouets », détaille Catherine Collignon.

    « Il ne s’agit pas seulement d’éduquer les chiens, mais également d’enseigner au personnel des refuges des techniques pour changer leurs conditions de travail », précise-t-elle par ailleurs. Ce travail a ainsi un impact direct sur l’ambiance des refuges, devenus bien souvent moins bruyants et plus apaisés.

    Lorsque le propriétaire prend le relais, « s’il reste cohérent avec quelques principes de base », sa vie commune avec le chien adopté est facilitée. « Il n’y a pas de raison que l’animal change du jour au lendemain après l’adoption. Même si un chien, comme un humain, peut évoluer toute sa vie. Il faut en avoir conscience ».  

    Un travail adapté aux contraintes des refuges

    « La promiscuité des animaux, les nuisances sonores ou les boxes difficiles d’accès… nous sommes obligés de nous adapter au milieu, aucune SPA ne se ressemble. » Par ailleurs, l’éducatrice doit composer avec les contraintes de temps du personnel des refuges, accaparé par de multiples tâches. « Il est toujours possible de s’adapter. Nous essayons de montrer qu’un apprentissage peut être efficace pour le chien, même s’il ne dure que 10 minutes par semaine, à partir du moment où ces minutes sont optimisées ». Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, il est aussi parfois plus facile de travailler auprès des chiens de refuge. « L’avantage est que nous pouvons traiter directement avec les animaux, sans passer par les maîtres : il n’y a pas cette chape émotionnelle que les propriétaires font parfois peser sur leur chien, et qui peut rendre le travail éducatif plus difficile. »

    Un projet ambitieux

    Bien qu’adaptés, ces programmes d’éducation nécessitent certains changements pour être vraiment productifs : « se fixer des objectifs, établir des priorités, mettre en place des équipes spécialisées… c’est toute une réorganisation des refuges qui est nécessaire, ainsi qu’un certain investissement en termes de temps et d’argent », reconnaît Catherine Collignon.

    Pour l’éducatrice, le travail ne doit pas uniquement concerner le fonctionnement des refuges. « Il faudrait aussi que les futurs maîtres, avant d’adopter un chien, aient une information suffisante sur son éducation » afin de poursuivre efficacement le travail initié. Il faudrait également sensibiliser les futurs propriétaires aux critères importants à prendre en compte au moment de l’adoption : « elle fonctionne le plus souvent au coup de cœur, de manière complètement subjective. On ne demande pas spécialement un chien bien éduqué, mais on craque sur un physique, un regard, une rencontre… sans toujours bien prendre en compte des facteurs essentiels pour vivre avec un animal. Il y a pourtant beaucoup de chiens attachants, géniaux et parfaitement éduqués qui restent dans les refuges et ne sont jamais choisis, on ne comprend pas pourquoi ils sont là ! »

    Pour approfondir ce sujet et échanger avec Catherine Collignon, rendez-vous le samedi 30 septembre au séminaire Pet Revolution, L'Animal en marche.

    Catherine Collignon
    Catherine Collignon est responsable du centre Animalin, éducatrice spécialisée dans la prévention des problèmes de comportement, en rééducation comportementale et en clicker training. Elle intervient depuis 2013 avec Nicolas Ducasse dans les refuges SPA pour la formation des salariés en éducation et en rééducation comportementale. Elle est l’auteure de plusieurs livres sur l'éducation et le comportement des chiens.