L’animal en marche : un séminaire sur les animaux de compagnie

Caroline Gilbert, « Bien-être et bientraitance, quoi de neuf ? »


  • Caroline Gilbert, « Bien-être et bientraitance, quoi de neuf ? »Photo : Caroline Gilbert - DR
  • Vivre ensemble

    «Pet Revolution, L’Animal en marche » est un séminaire qui propose de partager les connaissances actuelles sur le bien-être de nos animaux de compagnie. Prévu sur deux jours, dans un amphithéâtre de l’université de Nanterre, il convie vétérinaires, éthologues, éducateurs, chercheurs en sciences humaines et philosophes pour débattre de leur place dans notre société. Le Dr Caroline Gilbert présentera une intervention intitulée « Bien-être et bientraitance, quoi de neuf ? ».

    L’intervention portera sur les notions de bien-être et de bientraitance, leurs différences, les concepts qui y sont associés et les nouveautés. Le Dr Gilbert donnera aussi des clés plus pratiques pour respecter et améliorer le bien-être des animaux de compagnie (à savoir les chiens et les chats).

    Bien-être et bientraitance : qu’est-ce que c’est ?

    Le bien-être animal est fondé sur cinq principes fondamentaux : l’absence de faim, soif, malnutrition, présence d’un abri confortable, absence de maladies, blessures, absence de stress, de peur, et enfin la possibilité d’exprimer des comportements dits normaux et propres à chaque espèce. « Le bien-être n’est donc mesurable que du point de vue de l’animal : le seul moyen de déduire s’il est en état de bien-être est l’observation individuelle », précise le Dr Caroline Gilbert. Quant à la bientraitance, elle désigne les moyens mis en œuvre pour parvenir à cette situation de bien-être. « La bientraitance peut être considérée comme une obligation de moyens, le bien-être comme une obligation de résultats ». Il faut donc comprendre qu’un animal bien traité n’est pas systématiquement un animal en situation de bien-être.

    Une différence d’échelle

    L’une des différences majeures entre ces deux concepts est l’échelle adoptée pour évaluer la situation de l’animal. « Le bien-être s’évalue à l’échelle individuelle, puisque les critères de bien-être et de mal-être sont visibles dans les émotions positives et les comportements anormaux de l’animal, affirme le Dr Caroline Gilbert. En revanche, la bientraitance créé des normes à l’échelle globale afin qu’elles puissent s’appliquer à tous ». Par exemple, s’il est conseillé de sortir son chien 1H30 par jour, est-ce que l’animal à l’échelle individuelle a besoin de ces 1H30 et est-ce qu’elles améliorent son état mental ? Par exemple, certains chiens raffolent des promenades, ont besoin de plus de 2H de promenade, alors que d’autres sont anxieux car leur milieu de vie ne leur convient pas. Il faut demander l’avis de son animal et comprendre ce qui lui correspond le mieux. » « Les animaux ont des besoins et il faut les respecter. Mais le bien-être consiste également à savoir si l’application de la norme de bientraitance fonctionne sur l’animal, ou si elle ne lui est pas adaptée. ».

    Il n’existe pas de normes de bientraitance pour les animaux de compagnie, comme pour les animaux d’élevage. « Bien que ces normes garantissent la plupart du temps une situation de bien-être, ce n’est pas forcément le cas : il faut par conséquent être à l’écoute de son animal et le considérer comme un individu, et pas seulement comme une partie d’un groupe homogène ».

    Une relation à double sens

    Cependant, cette relation d’adaptation fonctionne dans les deux sens, et si l’humain s’adapte à l’animal, l’inverse est également vrai. « A partir du moment où l’on prend la responsabilité de s’occuper d’un animal, on adapte notre mode de vie au sien et l’ajuste à ses demandes, observe le Dr Gilbert. Mais l’inverse est vrai aussi, et l’animal de compagnie apprend énormément de l’humain : il sait à quel heure son maître part, quand il rentre, quand il lui donne à manger… Cela prouve bien que l’animal aussi s’adapte. C’est là le principe d’une relation : l’interaction va dans les deux sens ».

    Le Dr Gilbert répondra plus amplement à cette problématique le 30 septembre, dans le cadre de Pet Revolution, L’Animal en marche.

     

    Caroline Gilbert
    Le Dr Caroline Gilbert est vétérinaire et a obtenu sa thèse universitaire en biologie. Diplômée du Collège Européen de Bien-Etre animal et Médecine Comportementale (ECAWBM), elle est également maître de conférences à l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort (ENVA) depuis 2012, et articule ses recherche dans le domaine de l’éthologie fondamentale et appliquée.