L’animal en marche : un séminaire sur les animaux de compagnie

Les intervenants de Dog Revolution : Charlotte Duranton


  • Les intervenants de Dog Revolution : Charlotte DurantonPhoto : DR
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    Charlotte Duranton est éthologue. Le week-end des 1er et 2 octobre, elle interviendra dans le cadre du séminaire canin « Dog Revolution » (programme et inscriptions iciconsacré à la place du chien dans notre société. Rencontre…  

    Éthologue, Charlotte Duranton, 29 ans, est titulaire d’une licence en biologie des organismes, d’un master d’anthropologie biologique et d’un master d’éthologie. Après avoir travaillé comme éducateur canin et comportementaliste pendant 5 ans, elle termine actuellement son doctorat en cognition, mention éthologie.

    Pourquoi avez-vous choisi cette voie professionnelle ?

    Je suis fascinée depuis longtemps par la relation entre l’humain et le chien et le fait qu’il arrive à nous comprendre. Je voulais être au contact du chien et je suis devenue éducateur canin et comportementaliste. J’ai exercé ce métier pendant cinq ans, c’était passionnant, mais j’avais l’impression que cela ne me convenait plus. J’avais envie de remonter à la source, de « changer de place » pour étudier la base de la relation et faire de la recherche appliquée.

    Qui plus est, j’ai lu un livre, Dans la peau d’un chien d’Alexandra Horowitz, qui a changé ma vie. J’ai contacté cette chercheuse, naïvement, en lui disant que je rêvais de faire un stage avec elle. Elle m’a répondu que ce n’était pas possible mais qu’une fois que je serais diplômée en éthologie, on pourrait en reparler. J’ai donc suivi ses conseils !

    Parlez-nous de votre métier…

    Au gré de mes stages, j’ai rencontré les équipes de Thierry Bedossa (co-initiateur de Dog Revolution, ndlr) et nous avons monté ensemble un projet d’étude sur lequel je travaille actuellement. Depuis décembre 2013 (et pour un an encore), j’étudie donc la synchronisation comportementale humain/chien et les facteurs qui vont l’influencer. Je me suis focalisée sur les molosses et les chiens de berger. J’ai plusieurs grilles d’analyse, comme l’effet de la différence mâle/femelle, l’influence de la différence de lien (chien/maître ou chien/soigneur favori), etc. L’éthologie touche à la psychologie, aux neuro-sciences, à l’anthropologie… Il n’y a pas de limites, c’est ce que j’adore !

    Sur quoi portera votre intervention au séminaire Dog Revolution et quel message souhaitez-vous y faire passer ?

    Je vais proposer un état des lieux général sur les bases scientifiques autour de la capacité du chien à comprendre les signaux de communication humaine (comment marche le pointé du doigt, est-ce que le regard coupable est vraiment un regard coupable, etc.) Ma philosophie, qui est aussi celle du séminaire, c’est : pour mieux aider, il faut comprendre. Je pense que toutes les professions ont besoin de travailler ensemble et que nous n’avons rien à gagner à nous tirer dans les pattes.

    Et vos chiens à vous, qui sont-ils ?

    J’en ai trois – sans compter Utha, la chienne de ma vie, que j’ai eue quand j’avais 16 ans et qui est décédée l’an dernier. C’était ma meilleure amie à l’adolescence et son décès a été très dur…

    Chacun de mes chiens m’a appris quelque chose. Avec Utha, j’ai appris l’amitié. Avec Carrie, un bouledogue français de 10 ans, que mon mari m’a offert, j’ai appris la sérénité. C’est un chien très autonome, j’adore marcher des heures avec elle.

    Nous avons aussi Jojo, une femelle terre-neuve de deux ans et demi, qui est davantage la chienne de mon mari. Mais c’est aussi la gardienne de la famille, elle m’a beaucoup protégée quand j’étais enceinte. Enfin, il y a Beedle, un mâle croisé berger des Pyrénées, que j’ai adopté à la SPA. Je voulais une chienne, le refuge s’est trompé en me le confiant. Il devait être euthanasié parce qu’il mordait tout le monde, tout le temps. Il avait été maltraité et avait perdu confiance en l’humain. Il m’a appris mon métier d’éducateur canin et m’a permis de comprendre les propriétaires qui ont peur de leur chien. Depuis que je l’ai, il a progressé et cela me rend heureuse que ma vie ait servi à sauver la sienne. Mes chiens sont mes amis. Mon but, c’est de leur offrir la vie la plus heureuse possible.