L’animal en marche : un séminaire sur les animaux de compagnie

Les intervenants de Dog Revolution : Éléonore Buffet


  • Les intervenants de Dog Revolution : Éléonore BuffetPhoto : DR
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    Éléonore Buffet est éducateur canin, comportementaliste et formatrice. Le week-end des 1er et 2 octobre, elle interviendra dans le cadre du séminaire canin "Dog Revolution" (programme et inscriptions iciconsacré à la place du chien dans notre société. Rencontre…  

    Éléonore Buffet, 40 ans, est, depuis 2002, éducateur canin et comportementaliste. Installée en Haute-Savoie, elle assure également des formations dans toute la France. Elle intervient notamment à l’école des chiens guides d’aveugles de Lyon et est responsable technique au Centre de formation pour adultes de Cibeins (Ain). Elle est également titulaire d’un diplôme universitaire d’éthologie de l’université de Rennes.

    Pourquoi avez-vous choisi cette voie professionnelle ?

    L’animal m’habite depuis que je suis enfant. À la maison, il y a toujours eu des chiens et des chats. Moi, j’étais plutôt passionnée de chevaux. À 4 ans, j’en voulais absolument un, j’ai bassiné tout le monde avec ça ! J’ai fini par l’avoir à 15 ans : j’ai eu une crise d’adolescence assez aiguë, j’étais révoltée contre la terre entière et mes parents ont pensé que c’était le moyen de me remettre sur la route… Ils ont bien fait !

    À partir de 20-22 ans, tout ce qui m’intéressait c’était le vivant, la psychologie, l’émotion, mais je ne savais pas quoi faire de cette envie. J’ai commencé par travailler dans le secteur paramédical : j’ai fait une année de médecine, puis j’ai été ambulancière, pompier, j’ai fait du transport de sang. C’est finalement un peu par hasard, à 25 ans, que j’ai débuté une formation de comportementaliste. Grâce à ce métier, je peux marier l’humain et l’animal. À partir de 2005, j’ai commencé à donner des formations et cette dimension-là m’a beaucoup intéressée aussi. C’est désormais mon activité principale. Ce qui me passionne, chez l’humain comme chez l’animal, c’est l’histoire, la personnalité.

    Parlez-nous de votre métier…

    Il tourne autour de trois piliers fondamentaux : être capable d’observer l’animal et son environnement, analyser ce qui fonctionne et ce qui ne va pas et inventer des solutions. Je vois beaucoup de gens qui reproduisent des process. Mais on verra toujours le chien (ou l’humain) qui ne rentre pas dans les cases… Il faut également être ouvert. Pour ma part, j’ai beaucoup évolué : j’ai commencé à travailler de façon coercitive, c’est-à-dire avec une approche punitive du chien. À l’époque, les outils positifs n’existaient quasiment pas. Quand j’ai été mordue assez fortement par un chien, j’ai eu envie d’aller chercher d’autres outils.

    Sur quoi portera votre intervention au séminaire Dog Revolution et quel message souhaitez-vous y faire passer ?

    Ma conférence, en partenariat avec Charlotte Duranton, aura pour thématique la cognition et les capacités du chien. Charlotte parlera de la partie éthologie, et moi je serai davantage dans la pratique. Il est important de faire le lien entre la recherche et le terrain. Si chacun reste dans son coin, ça ne sert à rien. J’ai moi-même beaucoup appris en discutant avec des éthologues ; par exemple, c’est à travers ces échanges que j’ai expérimenté l’apprentissage social avec l’aide d’un congénère. L’idée ? Se servir d’un chien "facilitateur" auprès d’un jeune pour raccourcir les temps d’apprentissage. Ainsi, pour un chien qui a peur de la ville, le mettre en présence d’un chien plus chevronné va lui permettre d’apprendre la non-réactivité et la détente musculaire. Bien sûr, cela ne veut pas dire que l’homme n’a plus rien à faire, car il faut créer un environnement favorable et vérifier que le chien apprenne bien ce qu’on veut qu’il apprenne.

    Et vos chiens à vous, qui sont-ils ?

    Il y a Moustik, un croisé braque de 3 ans et demi. C’était le chien d’une cliente qui me l’avait laissé en pension quand elle a dû déménager précipitamment. Comme elle avait dû quitter sa maison pour un appartement et que c’est un chien bourré d’énergie, elle voulait le faire adopter et je l’ai finalement gardé. Et puis il y a Sinaï, un croisé beauceron de 2 ans. Je cherchais un chien pour seconder la chienne qui travaillait avec moi et j’ai vu qu’il avait le bon profil : assez grand, très stable émotionnellement, doté d’un peu d’audace. C’est étonnant parce que cela ne m’arrive jamais de "craquer", mais là, en voyant la photo de Sinaï sur le site de la SPA, il s’est passé quelque chose et j’ai eu envie d’aller le voir… Cela fait maintenant un an qu’il est à la maison.