L’animal en marche : un séminaire sur les animaux de compagnie

Les intervenants de Dog Revolution : Mélodie Pichoir


  • Les intervenants de Dog Revolution : Mélodie PichoirPhoto : DR
  • Vivre ensemble

    Mélodie Pichoir est formatrice. Le week-end des 1er et 2 octobre, elle interviendra dans le cadre du séminaire canin « Dog Revolution » (programme et inscriptions iciconsacré à la place du chien dans notre société. Rencontre…  

    Auxiliaire vétérinaire spécialisée (ASV) de formation, Mélodie Pichoir, 42 ans, est depuis 2007 formatrice et responsable du pôle animal de compagnie au Centre de formation professionnelle et de promotion agricole (CFPPA) de Cibeins (Ain). Elle a également été éleveuse de boxers.

    Pourquoi avez-vous choisi cette voie professionnelle ?

    À la maison, nous avons toujours eu des boxers. Ma grand-mère maternelle et ma tante étaient également éleveuses de schipperkes, une race de chiens de type spitz. Quant à ma grand-mère paternelle, elle aimait également faire des expositions de dogues allemands. À partir de mes 4 ans, j’ai été au contact de chiens et je n’ai plus jamais vécu sans !

    Pour ce qui est de ma formation, j’ai commencé par être auxiliaire vétérinaire spécialisée. Je faisais aussi un peu d’agility et d’obéissance avec mes chiens. Et puis, en 1998, une chienne dogue allemand est entrée dans ma vie et a fait office de déclic. Je l’ai vue par hasard, en passant devant une animalerie ; elle était « soldée » parce qu’elle était moche, trouillarde… Le comportement m’intéressait énormément et je me suis dit que j’adorerais travailler avec elle. Avec mes précédents chiens, j’étais dans une éducation très traditionnelle, coercitive, et cela se passait très bien. Cette chienne-là ne supportait pas la pression et paniquait très vite, si bien qu’il a fallu que je trouve d’autres outils. Je me suis beaucoup renseignée et, sans le savoir, j'en suis venue à la méthode positive. Cette chienne m’a tout appris et m’a transformée.

    Parlez-nous de votre métier…

    Aujourd’hui, mon corps de métier, c’est la formation de personnes souhaitant se professionnaliser dans la filière animal de compagnie. Au sein du CFPPA de Cibeins, j’accompagne également les stagiaires et je développe de nouvelles formations. Nous comptons actuellement une vingtaine de formations fixes, sans compter toutes celles que nous pouvons proposer à la carte. Nous accompagnons un public adulte, en reconversion professionnelle pour la plupart. Sur la quarantaine de stagiaires que nous accueillons chaque année pour les formations longues (élevage/éducateur canin), beaucoup s’installent en tant que professionnels. D’autres vont être amenés à travailler dans la filière, que ce soit en animalerie, en refuge ou en clinique vétérinaire. Nous avons aussi des gens qui deviennent promeneurs et qui montent des pensions. Quand je suis arrivée au CFPPA, en 2007, il y avait tout à créer. Sous mon impulsion, nous avons été les précurseurs de la généralisation de la méthode positive dans l’enseignement agricole public et j’en suis fière ! Depuis, une grande partie des CFFPA ont suivi le même mouvement.

    Sur quoi portera votre intervention au séminaire Dog Revolution et quel message souhaitez-vous y faire passer ?

    Nous faisons une conférence à quatre mains avec le Dr Antoine Bouvresse qui portera sur l'évolution des races, leur sélection ainsi que le développement comportemental. L’idée est d'accompagner les éleveurs dans leur questionnement actuel concernant l'adéquation entre sélection, santé, attentes du client et bien-être animal. Beaucoup de chiens de race ont ainsi été sélectionnés pour leurs capacités de travail, mais les propriétaires les utilisent rarement dans ce but aujourd’hui… L’intérêt de Dog Revolution, c’est aussi de mettre tous les acteurs autour de la table afin de réfléchir ensemble à nos pratiques et trouver des pistes d'amélioration. Chaque professionnel a une responsabilité dans le bien-être des animaux.

    J’ai moi-même été éleveuse de boxers pendant 10 ans, je sais que les éleveurs ont beaucoup de détracteurs. Mais la grande majorité d’entre eux veulent que leur chien tombe dans une bonne famille et qu’il soit en bonne santé ! Il est vrai que les contraintes de productivité amènent parfois certains éleveurs à être moins attentifs à leurs animaux. Mais je suis sûre qu’on peut gagner sa vie en faisant de l’élevage sans que cela soit au détriment du chien.

    Et vos chiens à vous, qui sont-ils ?

    J’ai deux boxers qui s’appellent Bogart et Jay Z – tous mes chiens ont des noms de célébrités ! Bogart va sur ses 10 ans. Jay Z, elle, a 2 ans. C’est une femelle que j’ai prise en élevage alors que cela faisait 10 ans que j’avais uniquement des chiens qui naissaient chez moi. Tous deux comptent beaucoup pour moi et m’accompagnent régulièrement au travail. J’élève mes chiens un peu comme je suis, je ne veux pas leur imposer de grosses contraintes. Je veux seulement qu'ils soient en accord avec ma façon de vivre et qu'ils s'amusent autant que moi. Je n'ai pas d'attente spécifique envers eux, mis à part ne pas manger mes stagiaires !