L’animal en marche : un séminaire sur les animaux de compagnie

Les intervenants de Dog Revolution : Nicolas Cornier


  • Les intervenants de Dog Revolution : Nicolas CornierPhoto : Pascal Dacasa
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    Nicolas Cornier est éducateur canin et formateur. Le week-end des 1er et 2 octobre, il interviendra dans le cadre du séminaire canin « Dog Revolution » (programme et inscriptions iciconsacré à la place du chien dans notre société. Rencontre…  

    Installé en Mayenne, Nicolas Cornier, 49 ans, est éducateur canin professionnel et formateur. Collaborateur régulier du magazine 30 Millions d’amis, il est également l’auteur de l’ouvrage Dans le sens du poil (éditions du Cherche Midi).

    Pourquoi avez-vous choisi cette voie professionnelle ?

    Même si, comme beaucoup d’enfants, j’ai grandi avec des chiens, ma vraie « rencontre » avec l’animal s’est faite à l’âge adulte. Pour des raisons personnelles, je me suis retrouvé à San Francisco dans les années 1990 et je suis devenu gérant d’une garderie canine. J’y ai vu le chien évoluer sans l’humain, avec ses congénères, sans contraintes particulières et j’ai trouvé cela très intéressant. J’ai aussi rencontré là-bas Ian Dunbar, un vétérinaire comportementaliste qui a popularisé l’éducation canine et mis en place une approche très positive. Il m’a donné de l’énergie et des repères. À mon retour en France, je me suis formé pour devenir éducateur canin. J’ai rencontré Thierry Bedossa (co-initiateur de Dog Revolution, ndlr), c’est lui qui m’a donné mes premiers clients.

    Parlez-nous de votre métier…

    Je partage mon temps entre mon travail d’éducateur et celui de formateur dans un lycée agricole. Mon rôle est de donner des repères aux gens qui vont se lancer dans le métier et de les aider à intégrer le chien le moins mal possible dans son environnement domestique. Au lycée agricole, je reçois également gratuitement des gens qui estiment que leur chien a un comportement gênant et je cherche une façon de réconcilier le maître et son compagnon. Cela peut être des demandes du type : « Mon chien agresse les autres chiens, aboie, ne partage pas sa gamelle, tire en laisse, etc. » Ce que j’essaie d’expliquer aux propriétaires, c’est que le comportement est gênant pour nous, mais pas pour l’animal. Le chien va bien en général. Mon rôle, c’est d’inclure l’humain dans la réflexion et de lui faire comprendre que la docilité n’est pas l’état naturel.

    Sur quoi portera votre intervention au séminaire Dog Revolution et quel message souhaitez-vous y faire passer ?

    La thématique que je vais aborder est celle de la socialisation, qui est très difficile à faire. Un chien a besoin de rencontrer du monde, très tôt dans sa vie, et progressivement. Dans le parcours d’un jeune chien adopté, cela n’arrive jamais : on passe du « chaud » au « froid », dans le sens où il passe du confort de chiot à un environnement domestique auquel il doit s’adapter. Beaucoup de choses nous empêchent de réussir une bonne socialisation : la peur de perdre son chien si on le lâche, la paresse et l’ignorance de l’animal qu’on a devant soi. Ses besoins fondamentaux sont souvent aux antipodes de ce que l’on imagine. Parmi ces besoins de base, il y a les sorties. Quand je reçois un chien et son maître, la première chose que je demande c’est : « Votre compagnon est-il régulièrement sorti ? » Je pense aussi que « l’usage » que nous avons aujourd’hui des chiens n’est pas adapté : les très gros chiens ne sont par exemple peut-être pas faits pour être des chiens de compagnie…

    Et vos chiens à vous, qui sont-ils ?

    J’en ai quatre et ils m’aident à révéler, réguler et corriger les comportements des chiens dont j'ai la responsabilité. Il y a Gino, la mascotte de 30 Millions d’amis (ce malamute de l’Alaska a régulièrement fait l’objet de reportages dans le magazine, ndlr). Aujourd’hui, il a 5 ou 6 ans.

    J’ai aussi Gus, un mélange de husky et de cane corso, qui a 12 ans. C’est le chien parfait ! Il est très stable émotionnellement, pas irritable, avec un gros tempérament… Je crois que j’aurais aimé être Gus en humain ! Bella, elle, est une femelle berger allemand de 9 ans. Elle est fantastique, elle a la faculté de corriger les jeunes chiens. Enfin, il y a Loré, 2 ans, qui est un mélange de beauceron et de labrador. Il est très joyeux, très drôle. Je pense qu’à Dog Revolution la sono va péter : il va sans doute trouver les fils et tirer dessus !