L’animal en marche : un séminaire sur les animaux de compagnie

Les intervenants de Dog Revolution : Serge Pautot


  • Les intervenants de Dog Revolution : Serge PautotPhoto : DR
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    Serge Pautot est avocat au barreau de Marseille. Le week-end des 1er et 2 octobre, il interviendra dans le cadre du séminaire canin « Dog Revolution » (programme et inscriptions iciconsacré à la place du chien dans notre société. Rencontre…  

    Docteur d’État en droit et avocat au barreau de Marseille, Serge Pautot est vice-président de la Société française de cynotechnie (SFC) et auteur de l’ouvrage Le chien et la loi (Juris-Service). Il a participé à de très nombreux séminaires en qualité de conférencier sur les questions du statut de l’animal.

    Pourquoi avez-vous choisi cette voie professionnelle ?

    L’imagerie populaire ignore souvent les multiples visages de l’avocat. Or, l’exercice de cette profession est émaillé de rencontres fortuites, de faits divers au cours desquels celui-ci doit faire preuve de savoir-faire pour défendre son client. Rien ne me destinait à défendre un jour une personne, responsable de son berger allemand qui avait dévoré un septuagénaire… Pour cette affaire, j’ai eu l’idée de demander l’expertise psychiatrique du chien. En 1984, c’était une première juridique ! J’ai pris goût à la gente canine et j’ai alors rédigé un petit opuscule sur le chien et la loi. Celui-ci est devenu ensuite un ouvrage, réédité cinq fois. Depuis, j’ai été confronté à toutes sortes de situations, que ce soit les chiens du divorce, l’élaboration du statut du chien pit-bull (pour laquelle j’ai œuvré activement), la vente des animaux, etc. Dès 1984, j’ai aussi proposé un statut juridique du chien et je pense avoir été un pionnier dans ce domaine.

    Parlez-nous de votre métier…

    J’ai passé ma vie à défendre ces causes et aujourd’hui encore, je me déplace dans toute la France pour les affaires de chiens, notamment les contentieux de vente. Je traite une dizaine de cas par an. L’an dernier, j’ai également plaidé, devant le tribunal correctionnel de Marseille, lors du procès très médiatique de cet homme qui battait sa chienne, Ivory. Celui-ci a été condamné à une interdiction à vie de détenir un animal assortie d'une peine de prison avec sursis de 6 mois et d'une mise à l'épreuve de 2 ans. Aujourd’hui, la protection animale consiste en deux choses essentielles : la lutte contre les mauvais traitements d’un côté et celle contre les actes de cruauté de l’autre. Ceux-ci sont considérés comme un délit.

    Sur quoi portera votre intervention à Dog Revolution et quel message souhaitez-vous y faire passer ?

    Je vais présenter la grande évolution des quarante dernières années autour de la cause animale qui a abouti à faire reconnaître l’animal comme être sensible. Cette évolution historique, philosophique, juridique s’est faite sous l’influence des associations de défense des animaux, de la jurisprudence, de l’évolution de la doctrine, mais aussi des émissions et revues animalières comme 30 Millions d'amis. Aujourd’hui, l’animal bénéficie d’un statut à part dans le droit, à cheval entre le bien et la personne. La loi du 16 février 2015 a en effet édicté dans le code civil : « Les animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité ». Ce ne sont plus des biens meubles (c’est-à-dire des objets) comme le disait jusqu'alors le code civil. Alors que j'arrive à la fin de ma carrière d’avocat, je suis très satisfait d’avoir pu, avec d’autres, faire évoluer la loi. C’est un couronnement pour tous les combats que j’ai menés pendant plus de trente années.

    Et vos chiens à vous, qui sont-ils ?

    Je n’en ai pas. Je vis en appartement et, qui plus est, les chiens sont interdits dans les palais de justice. Peut-être quand je serai à la retraite !