L’animal en marche : un séminaire sur les animaux de compagnie

Au programme de Pet Revolution : comportements répétitifs des animaux


  • Au programme de Pet Revolution : comportements répétitifs des animauxPhoto : Emmanuelle Titeux
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    Vétérinaire, résidente en médecine du comportement au centre hospitalier universitaire vétérinaire d'Alfort (Chuva) de l’École nationale vétérinaire d’Alfort, Emmanuelle Titeux présentera lors du séminaire Pet Revolution, L’Animal en marche, les 30 octobre et 1er septembre prochains, son travail sur les liens entre les comportements répétitifs des animaux et leur mal-être. 

    Marches incessantes, mouvements de la tête, toilettages répétés mais aussi tournis ou mutilations, comme les hommes, les animaux peuvent présenter des comportements répétitifs. Ce phénomène est bien connu chez les animaux de zoo ou de rente, pour lesquels on parle de « stéréotypie ». Cependant, ce phénomène peut aussi être observé chez nos animaux de compagnie. Dans ce cas, on évoque plutôt des troubles compulsifs, voire des troubles obsessionnels compulsifs. Pour le docteur Emmanuelle Titeux, qui animera une conférence à ce sujet lors du séminaire Pet Revolution, L'Animal en Marche, ces comportements ne sont pas une maladie, mais trouveraient plutôt leur origine dans un environnement inadapté à l’animal.

    Stéréotypies et comportements répétitifs

    Toutes les espèces d’animaux peuvent être concernées par ces troubles du comportement, mais ce phénomène n’a jamais été observé, à ce jour, chez des animaux sauvages en liberté. On parlera plutôt de « stéréotypie » pour les animaux sauvages détenus en captivité ou pour les animaux de rente (cochons, chevaux, vaches, etc…), et de comportements compulsifs pour les animaux de compagnie (chiens et chats). Cette classification aurait une origine neurologique différente en fonction des comportements observés. Dans un premier cas, il s’agit de la reproduction, en grande quantité, d’un comportement qui n’a pas de fonction pour l’animal alors que dans le second, il aurait une utilité pour l’animal, mais serait problématique car produit en trop grande quantité, comme chez un chat se toilettant de manière excessive.

    « Quoi qu’il en soit, le résultat est proche et il s’agit toujours de comportements produits en trop grande quantité, consommant une trop grande partie de l’activité des animaux concernés », souligne Emmanuelle Titeux.

    Un indicateur de mal-être et d’un environnement inadapté

    Pour mesurer l’état de « bien-être » d’un animal, les spécialistes disposent de plusieurs outils de mesure physiologiques, comme le taux de cortisol ou la fréquence cardiaque, détaille la scientifique. Mais ces indicateurs ne sont pas les seuls à prendre en compte. Il faut également des outils concernant les comportements exprimés. L’ensemble de ces données permet d’évaluer le bien-être d’un animal, c’est-à-dire l'adéquation de son environnement avec ses besoins éthologiques.

    Or, c’est lorsque les animaux évoluent dans des environnements où ils ne peuvent pas exprimer les comportements propres à leur espèce que les troubles répétitifs apparaissent. « Chaque animal est un individu d’une espèce donnée, avec son  tempérament et donc des besoins éthologiques propres à son espèce et à lui-même, rappelle Emmanuelle Titeux. Dans le cas de nos animaux de compagnie, nous leur imposons de vivre dans un environnement correspondant à nos besoins, mais pas forcément aux leurs : nous contrôlons leur accès à la nourriture, nous leur interdisons certaines explorations pendant la promenade, ou réduisons les contacts qu’ils peuvent avoir les congénères rencontrés, nous décidons des moments et des lieux où ils peuvent éliminer… Tout cela pourrait être à l’origine de l’apparition de comportements répétitifs. »

    Des troubles qui se soignent, mais sans traitement

    Toilettage excessif, attaque d’objets inappropriés, léchage de pattes jusqu'à la mutilation, chasse de mouches imaginaires, mais aussi polyphagie, boulimie ou malpropreté : chez le chat comme chez le chien, l’éventail des comportements répétitifs est très large. Cependant, « si ces troubles sont pris en charge en tant qu’indicateurs de mal-être, on peut supposer que des modifications de l’environnement conduiront à leur disparition. Et ce, sans traitement médical. »

    Emmanuelle Titeux travaille avec beaucoup d’animaux « en échec thérapeutique. Lorsque les propriétaires me les amènent, c’est souvent en dernier recours, après avoir consulté des vétérinaires spécialisés en gastrologie, en nutrition, en dermatologie… L’origine comportementale devrait être prise en compte dès l’apparition des symptômes. »

    Pour approfondir ce sujet et échanger avec Emmanuelle Titeux, rendez-vous le dimanche 1er  octobre au séminaire Pet Revolution, L'Animal en marche.

    Emmanuelle Titeux
    Après quatre années d’études à l’école d’Alfort et un internat en chirurgie de deux ans, le docteur Emmanuelle Titeux a exercé en clientèle généraliste dans une clinique vétérinaire à Versailles. Depuis 2012, elle exerce uniquement en référé, en médecine du comportement, en région parisienne et à l’École nationale vétérinaire d’Alfort (ENVA). Elle est chargée d’enseignement à l’ENVA et dans les universités de Paris-Descartes et de Reims. Elle est co-responsable du diplôme d’école de l’ENVA « le comportement du chien-applications à la relation homme-chien » destiné aux non-vétérinaires. Depuis septembre 2015, elle est résidente du collège européen de médecine du comportement (ECAWBM BM).